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Poésie satirique. — Un ^'(3nro qui so rapproche do la comédie ancierino el moyenne d'Athènes eL de la satire de Rome, les silles, prit naissance à cette époque. Lessi7/es(du mot f^rec sillos, sarcasme), étaient defjetits écrits, où Ton s'attaquait spécialement aux poètes et aux philosophes pour critiquer leurs œuvres et leurs doctrines. On attribue l'invention du genre à Timon de Phlionte, chef de l'école sceptique après Pyrrhon, et dont la longue existence s'étendit, croit-on, de 350 à 2(j0. Après avoir résidé quelque temps en Egypte et en Macédoine, il se fixa décidément à Athènes. Ses silles, qui lui valurent une grande réputation, étaient écrits en vers hexamètres. Ils formaient trois livres ; les deux derniers avaient la forme de dialogues entre l'auteur et le philosophe Xénophane d'Éiée. Il n'en reste que de courts fragments.
Voici quelques vers à l'adresse des philosophes :
Hommes misérables, méprisable engeance, qui n'êtes que ventres, dans quelles disputes, dans quels combats de mots vous êtes-vous égarés, visages impudents, outres gonflées de vaines pensées !
Il s'attaque aussi aux philosophes du Musée:
On nourrit dans la populeuse Egypte beaucoup de barbouilleurs de livres, qui se disputent éternellement dans la cage du Musée.
Il n'avait pas ménagé même Socrate et Platon. Il dit de ce dernier :
A leur tête marchait le plus large de tous, le parleur au doux langage, rival des cigales qui, perchées sur les arbres d'Académus, font entendre leurs chants harmonieux.
On place quelquefois avant Timon le philosophe cynique Ménippe de Gadare, qui vivait au milieu du II* siècle. Ménippe, célèbre par les Dialogues des Morts de Lucien, oii il paraît souvent comme interlocuteur, avait composé des écrits mêlés de prose et de vers, dans lesquels il s'attaquait surtout aux systèmes philosophiques. Ce genre mixte, adopté par un savant romain, Varron, qui, pour rendre hommage à Ménippe, donna ses œuvres sous le nomde Satires ûlénippées, a été renouvelé chez nous dans la fameuse Satire Ménippée, pamphlet politique dont la verve éloquente et spirituelle a tant fait pour la victoire de Henri IV.
Poésie didactique. — On doit s'attendre au développement de la poésie didactique pendant cette période où la science envahit tout. Elle s'étend à la nature entière, aux astres, aux animaux, aux plantes, à toutes les occupations de la vie, l'agriculture, la chasse, la pèche, etc.
Un de ses plus célèbres représentants est Aratus de Soles ou de Tarse, en Cilicie. Aratus vécut à la cour d'Antigone Gonatas, roi de Macédoine. Il est l'auteur de deux courts poèmes astronomiques, les Phénomènes, qui se composent de sept cent trente-deux vers, et les Pronostics, qui en ont quatre cent vingt-deux. Ce sont des manuels secs et froids, mais élégamment versifiés, que beaucoup de savants et de critiques se sont exercés à commenter et à traduire. Parmi les traducteurs nous rencontrerons trois Romains: Gicéron, le fameux Germanicus et le poète Aviénus. Aratus a été souvent imité par les poètes latins Virgile, Ovide, Stace et Manilius.
Citons encore un autre versificateur didactique, le médecin Nicander de Golophon, contemporain du 11* siècle. 11 reste de lui deux poèmes qui n'ont rien de poétique, sinon le mètre; les Thériaques, sur les bies-
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sures causées par les animaux venimeux, et les Alexi jtharinarjues, sur les poisons et leurs antidotes. Il avait composé aussi des GéorgiqueSj dont peut-être s'est servi Virgile, et des Métamorphoses^ qu'Ovide a dû consulter.