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856 HISTOIIU': Df- LA LITTKRATURE GRECQUE
pour l'emmener à la fôte d'Arlonis, an palais do Ptoléiriée. Bavardes infaligablos, elles drapent le mieux du monde leurs maris, dont elles racontent compiaisamment les bévues. Puis Praxinoé s'habille, se lave, gronde avec force paroles sa servante Eunoé, qui la sert négligemment; Gorgo se récrie sur une robeplissée qui a coûté fort cher à Praxinoé, qui « l'a tuée, » comme elle dit. Enfin, après qu'elle a refusé d'emmener l'enfant qui pourrait être estropié dans la foule, après qu'elle a recommandé de faire rentrer le chien, de fermer la porte, la maitresse de la maison sort avec son amie. Autres scènes : c'est la foule qui les pousse, c'est une troupe de cavaliers qui passe, c'est un cheval qui se cabre et qui leur fait grand peur. Elles rencontrent une vieille femme et lui demandent s'il est facile d'entrer au palais. « C'est en risquant l'aventure que les Grecs sont entrés à Troie, » répond sentencieusement la vieille. Près de la porte, la foule redouble : on se presse; on se pousse. Praxinoé prie un passant d'épargner son manteau; celui-ci répond qu'il n'y peut pas grand'chose, que cependant il prendra garde. Enfin, après un dernier efl'ort, elles entrent dans le palais. Alors autre caquet: elles admirent les tentures, se récrient sur les tapisseries et sur la perfection des figures qui s'en détachent et qui semblent se mouvoir. Mais un étranger, moins galant que le premier, fatigué de ce flux de paroles, les interrompt avec humeur, et les traite d'éternelles causeuses, d'assommantes tourterelles qui font mourir le monde en parlant la bouche grande ouvertes Gorgo lui répond avec une abondance et une volubilité propres à exaspérer sa colère :
« Par Gérés, d'où sort cet homme? Que t'importe que nous
d. Alli.ision au dialecte dorien, traînant, empâté, comme le parler des Normands.
soyons bavardes? Commande à tes esclaves. Les Syracusaines sont-elles tes sujettes? Je veux t'apprendre encore que nous sommes Corinthiennes d'origine, comme Bellérophon ; nons parlons péloponnésien. Il est permis, je pense, aux Doriens d'avoir l'accent dorien. »
Enfin l'hymne en Phonneur d'Adonis commence, et les deux bavardes se taisent pour écouter. Cette pièce amuse un instant; ces deux femmes sont vraies et vivantes; mais c'est un intérêt bien léger, qui ne passe pas une première lecture.
II. Pièces mythologiques. — Un autre groupe d'idylles s'écarte pour le sujet plutôt que pour le ton des pièces pastorales, c'est ce que nous pouvons appeler les pièces mythologiques de Théocrite : elles sont au nombre de cinq, Hylas, les Dioscures, Hercule au bejxeau, Hercule vainqueur du lion, les Bacchantes. Déjà, en appréciant le génie de Pindare, nous avons comparé, chez le grand poète lyrique et chez l'auteur de pastorales, le récit d'Hercule, vainqueur des serpents * ; nous avons vu combien la rapidité puissante de Pindare contraste avec les petites descriptions familières de Théocrite. Les autres pièces mythologiques ont le même caractère ; ce ne sont pas des tableaux d'histoire, ce sont encore, comme les idylles proprement dites, des tableaux de genre. Si l'on étudie la pièce des Dioscures, dans quelle minutie de détails entre le poète à propos du combat de Pollux et d'Amycus ! Il n'oublie ni les échelles qui servent aux Argonautes pour descendre sur le rivage des Bébryces, ni les tentes qu'on dresse, ni les apprêts du repas; il peint longuement le théâtre de la lutte, la forêt qui fait le fond de la scène, la source d'eau limpide oh brillent des cailloux qui le disputent à l'éclat du cristal