‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 182 sur 267 · Page · texte numérisé non relu

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cL (le l'ar^eiiL; à cùLc les pins alliera, les peupliers blancs, les platanes, les fleurs odorantes: rien ne manque au tableau. Suit la description du farouche lutteur, dont la disgracieuse personne contraste avec Tagrément du paysage. Jusqu'ici cette pièce n'a rien d'épique, et la rencontre de PoUux et d'Amycus, leur dialogue, la lutte qui s'engage, n'ont pas un caractère plus élevé. Il n'y a pas loin du langage de ces héros à celui des bergers de Théocrite, et le combat, comme le lieu de la scène, appartient presque à la poésie pastorale.

Entre ces pièces mythologiques et les pièces pastorales se placent deux idylles qui tiennent de l'un et de l'autre genre, je veux parler de la XVIP idylle et de la YP, dont le cyclope Polyphème est le héros. Par le personnage elles appartiennent à la mythologie ; mais par lanature du sujet et le genre d'occupations, de celui qui est en scène, c'est déjà la pastorale. Polyphème est un idéal à la fois grandiose et comique du berger. Laid et grossier, il est rebuté par la nymphe qu'il aime, et la puissance de l'amour sur une âme rude et inculte est représentée avec beaucoup de charme. Le pauvre cyclope ne désespère pas de vaincre les rigueurs de la rieuse Galatée. Pourquoi serait-il rebuté? Dernièrement il s'est miré dans l'onde : sa barbe était belle, son œil, cet œil unique dont il est fier, ne lui paraissait pas sans agrément. Après qu'il s'est ainsi rendu justice, il a soin de cracher trois fois dans son sein, de peur qu'un charme malin ne le punisse d'avoir porté un regard trop complaisant sur lui-même. Le poète latin Virgile a imité ici Théocrite; il l'a imité ailleurs encore et surtout dans sa IX^ et sa X^ églogue. Quand nous étudierons la littérature romaine, nous chercherons à préciser le caractère de ces imitations. Sans doute on rencontre dans les personnages de Virgile plus de traits de sentiment;

la passion est quelquefois chez eux plus vive, plus élevée, le cœur y a plus de part ; mais, en général, leur carac^Lère est moins vrai, moins simple; les allusions politiques abondent; ni par leur langage, ni par leurs sentiments ce ne sont de véritables bergers.

III. Pièces diverses. —Plusieurs idylles s'éloignent complètement de la pastorale, et se rapprochent, ce semble, des pièces perdues de Callimaque et de Philétas. L'une, la Quenouille *, est une ingénieuse épître adressée par l'auteur à son ami Nicias et à Theugénis, femme de son ami. Nous l'avons citée dans notre Recueil avec la gracieuse imitation de notre poète Ronsard *. L'autre est un Épithalame d'Hélène^ ; elle semble avoir servi de modèle au poète romain Catulle, qui s'est exercé heureusement dans ce genre. L'idylle XVII® est un éloge du roi Ptolémée, dont le poète célèbre le père, le premier Ptolémée, et la mère Bérénice. Il énumère ensuite avec admiration ses villes, ses provinces, ses armées, ses trésors, sans oublier ses bienfaits intelligents pour les poètes, dispensateurs de la gloire. Dans la XYP idylle, Théocrite chante aussi les exploits d'un autre souverain, Hiéron, et il fait des vœux pour sa victoire ; mais, comme nous l'avons dit plus haut, il semble surtout vouloir donner au roi de Syracuse une leçon de générosité, et c'est à lui que paraissent s'adresser ces plaintes amères sur l'avarice indifférente des riches de son temps:

Qui d'entre ceux qui habitent sous Taurore azurée, ouvrira sa porte aux Grâces nos filles, et les recevra cordialement dans sa demeure, et ne les renverra pas sans présents? Elles reviennent à la maison, les sourcils froncés, les pi^ds nus et se répandent contre moi en reproches, quand elles ont fait

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