II
Chio quo tlorissail récolc des rhapsodes hornérides. Mais le lieu de sa naissance serait plutôt Smyrne, ce qui expliquerai! les deux épithètes par lesquelles on le désigne tant de l'ois, le Mconide (né en Méonie) et le Mélésigène (né sur le Mélès). La Méonie était alors le nom du pays qui depuis s'est appelé la Lydie, et sur les rivages duquel s'élève la ville de Smyrne. (juant au Mélès, c'est une rivière qui prend sa source dans le Sipyle, montagne de Lydie, et qui se jette dans le golfe de Smyrne.
La vie d'Homère a du ressemblera celle des chantres de ses poèmes et des rhapsodes qui plus tard se partagèrent la récitation de ses œuvres. Les traditions le représentent errant, malheureux, aveugle, et, jus- ({u'au dernier jour, lidèle à la poésie. C'est peut-ôtre à cette légende qu'il doit son nom: « jjelui qui ne voit pas. » Mais, s'il a été aveugle, il est certain que celui qui a décrit la nature en traits si vifs et si frappants n'a pas été toujours privé de la lumière. Une petite pièce I qui se trouve dans le recueil de V Anthologie décrit avec I grâce une statue antique du poète aveugle '.
i L'iiiniiii s'tsl aniiiir sons h's li'ails d"Hoinùi'('; il îi rcru Iji. pensée, l'iiitelligoncfî ; il lu* miiiKiiic que sa voix (liviii(3 : c'est le chor-d'œuvii'e d'un art inspiré. i^(> divin Homère était debout : il senil)lait un vieillard, mais celte vieillesse était douc(\ elle répandait sur lui plus de grâce, et se mêlait à la Ibis de majesté et d'amour. Tout son exLéri(uir éclatait de beauté : sur sou cou piMiché s'étendait une jjlanche chevelure, toute reportée (Ml arriére; elle errait a\'ec abandon autour de ses oreilles. Sa barbi! épaisse se développe uiolle et ondoyante; elle ne se hérisse pas en pointe; elle s'éleud avec grâce, et ses tresses ajoutent une nouvelle beauté à la poitrine nue et au visage aimable lin vieillard. Son l'ronl est découvert, mais sur ce front
l. A;.thj!ojic, \, 2 (Cliri^lo 'orus].
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cliauvfî rcside la sagos.sf;, ccWi uii-rc <hts jfurics ^(tu^. L<'8 sourcils ressortent, hahilomont hr/mm'i^ par l'art de l'ouvrier, et ce n'est pas sans riessein, car son a;il ne reçoit pas la lumière, et toutefois on ne croirait pas voir un aveugle. La grâce repose sur ces yeux sans regards, et sans doute l'art a voulu ainsi montrer à tous qu'il porte dans son cœur le feu inépuisable du génie... L'abeille du Parnasse erre autour de sa bouche divine, composant son miel délicieux. Les deux mains du poète s'appuient sur un bâton, comme au temps de sa vin mortelle. Son oreille droite penchée semble encore écouter Apollon ou quelqu'une des Muses...