Ibid., passim
conde à examiner par soi-même les villes, leur position, les fleuves et les ports; à constater tout ce qui est particulier aux différentes localités et sur terre et sur mer, à préciser la distance qui les sépare; la troisième est relative aux affaires politiques de chaque cité *.
Il ajoute que la plupart des historiens s'attachent uniquement à cette dernière partie, et n'apportent, pour la traiter, d'autres qualités qu'une étroite souplesse et beaucoup d'audace, misérables charlatans qui visent uniquement à la faveur publique et à un bon salaire.
Polybe ne témoigne pas moins de mépris pour tout ce qui est pompeux et théâtral. Il ne veut ni des narrations à effet ni des discours fictifs; l'historienne doit faire parler un homme que lorsqu'il a parlé; il ne doit lui faire dire que ce qu'il a dit et senti, de manière à ce que le discours soit un élément de plus d'enquête et ajoute à Tintelligence de la situation *. Rien n'aide mieux à se rendre compte de cette méthode de Polybe que la comparaison de ses récits et de ses discours avec ceux de Tite-Live qui l'a souvent imité ou traduit en l'amplifiant. L'œuvre de l'historien romain est avant tout littéraire : rien de plus pathétique que ses narrations, rien de plus travaillé et de plus brillant que ses harangues. Il cherche toujours à intéresser et à plaire, en étalant toutes les richesses de son pinceau. II ne résiste pas non plus au plaisir d'énumérer les prodiges, de racoAter les aventures saisissantes, comme celle du serpent de Bagrada ; il développe avec complaisance le beau thème du dévouement et du suppHce de Régulus, de même qu'il a présenté la scène dramatique de Camille renversant les balances dans lesquelles on pesait la /an-