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600 HISTOIRE DR LA MTTÉRATUIlK ORECQUK

mère de la famille royale des Asrnonéens ; par son père il se rattachait à la première des familles sacerdotales. Avant d'ôtre écrivain, il fut homme politique et soldat. Lorsque les Juifs se révoltèrent contre Kome, il devint gouverneur de la Galilée; il soutint courageusement à Jotapate, ville de la Palestine, un siège de quarante-sept jours et tomba enfin entre les mains du général romain Vespasien. Il a raconté lui-même comment il sauva sa vie et sa liberté et gagna les bonnes grâces du vainqueur, en lui prédisant qu'il serait prochainement appelé à l'empire. 11 devint le client de Vespasien et de son fils Titus; il prit le nom de Flavius, sous lequel il est encore désigné {Flavius Josèphe); par là il entrait dans la famille au môme titre que les afl'ranchis. Il blâma la dernière et fatale révolte des Juifs, et il eut raison d'exhorter ses concitoyens à ne pas entreprendre une lutte impossible. Mais il eût mieux fait sans doute de ne pas accompagner Titus dans cette expédition et de ne pas assister à l'incendie de Jérusalem. Le reste de sa vie se passa à Rome; il reçut de Titus une pension avec le titre de citoyen romain.

Nous avons de Josèphe une Histoire de la guerre des Juifs contre les Romains et de la ruine de Jérusalem, divisée en sept livres ; une Histoire ancienne des Juifs, depuis la création du monde jusqu'à la révolte de la Judée contre les Romains, en vingt livres, plus connu sous le nom &' Antiquités judaïques. Il a discuté, dans ce dernier ouvrage, avec peu de critique et avec des idées souvent fausses, les traditions bibliques. Il a le tort de vouloir effacer les traits les plus originaux du caractère et des croyances des Juifs; il veut, par flatterie pour les vainqueurs, rapprocher son peuple des Romains, et il s'efforce de montrer entre eux des rapports le plus souvent chimériques.

Dans un traité Contre Appion, divisé en deux livres,

Josèphe a défendu contre ce rhéteur et contre les éru dits égyptiens et grecs l'antiquité de la nation hébraïque. On donne encore sous son nom un morceau sur le MmHyre des Machabées qui n'a pas de valeur et qui paraît une simple composition de rhétorique, enfin une biographie personnelle, dont on ne peut par des raisons solides contester l'authenticité.

Saint Jérôme a donné à Flavius Josèphe le nom de Tite-Live de la Grèce. C'est un éloge bien exagéré. Mais Josèphe écrit avec élégance; ses récits sont intéressants et quelquefois dramatiques. Il ressemble aussi à Tite-Live par les longs discours dans lesquels il se complaît.

Poètes. — On voit que l'histoire, pendant ce premier âge de la période gréco-romaine, a produit encore des œuvres d'une réelle valeur ; nous en trouverons aussi dans les âges suivants. Il n'en est pas de même de la poésie. Sans doute elle n'a pas manqué de représentants, mais combien ils sont obscurs à côté des Catulle, des Lucrèce, des Virgile, des Horace, des Tibulle, de tous ces grands génies, enfants de la Grèce, sans doute, par les modèles qui les ont formés, mais Romains par la langue et vraiment poètes par Finspiration !

Arcbias. — Faut-il rappeler une seconde fois cet Archias d'Antioche, dont le plaidoyer de Gicéron a immortalisé le nom? Sans le témoignage du grand orateur, qui saurait aujourd'hui que ce professeur avait chanté dans un poème la guerre des Gimbres et celle de Mithridate?

ApoUodore. — Un Apollodore d'Athènes, contemporain d' Archias, avait versifié aussi une Chronique et une Description de la terre. Mais, s'il a des droits à

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l'eslime dos modernes, c'est pour un ouvrage dV;riidiLion (jui renferme des documents précieux. S.i Bihlioihèquc^ divisée en trois livres, est un recueil méthodique, simple et clair, des croyances et des faits qui se rapportent ;\ la mythologie et à l'â^^e héroïque de la Grèce, il avait composé d'autres ouvrages dont il ne reste que des fragments.

Méléagre. — Méléagre de Gadare^ qui appartient aussi au \^^ siècle avant J.-G., a eu de véritables qualités poétiques, une grâce, une délicatesse, un aimable enjouement qui rappellent plus d'une fois ïhéocrite; mais on trouve aussi dans ses œuvres de la subtilité et de la recherche. Il nous reste de lui trente et une petites pièces ou ^^/>/,</rammes (dans le sens primitif de ce mot,) qu'il a réunies à celle de poètes plus anciens , sous le nom de Couronne ou Guirlande {Stephanos). C'est le plus ancien des recueils connus sous le nom à! Anthologies (choix de fleurs) ^ Dans sa préface, Méléagre compare les vers de chaque poète à une fleuron à une plante : les poésies de Sapho sont des roses, celles d'Alcée des hyacinthes, celles de Simonide un sarment en fleurs. Telle fut chez nous la célèbre Guirlande de Julie , composée par le duc de Montausier pour sa fiancée, Julie d'Angennes ^. Nous avons cité, dans notre Choix de morceaux traduits, une jolie pièce de Méléagre, Le printemps, et cinq autres de divers poètes di^V Anthologie grecque. Les deux dernières sont d'Agathias, poète et historien du siècle de Justinien, auteur d'une Anthologie, et de Lucien, fameux écrivain de l'âge des Antonins.

1. Voir notre Choix de morceaux traduits des auteurs grecs Notices, article Antliologie ^ P^ge XII.

2. Voir nos Principes de composition et de style, 7^ édition, page 414, note.

Babrius. — Nous placerons ici le fabuliste Babrius ou Babrias, dont on ne connaît pas la patrie, et que les uns font vivre au temps d'Auguste, tandis que d'autres le placent au n^ et même au ni' siècle après J.-G. Il est cité pour la première fois dans les œuvres de l'empereur Julien. D'autres critiques postérieurs pont nommé comme un habile metteur en vers des fables ésopiques. Le manuscrit très incomplet de ses fables n'a été découvert qu'en 1840 * dans un monastère du mont Athos. Ces cent vingt-trois fables, dont douze se trouvaient déjà dans des recueils de fables ésopiques, ont été publiées pour la première fois en 1844". Plusieurs ont été traitées en latin par Phèdre et Avianus; les autres existent dans les recueils d'Ésope, sauf neuf, dont les sujets semblent nouveaux. Nous avons traduit et publié dans nos Morceaux traduits^ six des plus remarquables et des moins connues. On peut comparer Babrias avec le fabuliste latin Phèdre, notamment dans Le Rat de ville et le Rat des champs^ dans Le Chêne et le Roseau, dans Le Lion malade. 11 faut avouer que le poète grec l'emporte pour la précision et la délicatesse du style, qu'il y a plus d'ampleur dans les développements, plus de grâce dans les détails, et que la mise en scène est supérieure. Quelquefois la moralité est obscure ou contestable ; le goût et les convenances ne sont pas toujours respectés.

Ecoles philosophiques. — Philon le Juif. — Les

écoles dont nous avons tracé rapidement l'histoire dans notre exposé de la littérature alexandrine, ont continué à vivre depuis la conquête; et nous avons indiqué déjà l'influence qu'elles ont exercée sur la

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