‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 199 sur 267 · Par M. Boissonnade · texte numérisé non relu

Par M. Boissonnade

004 HISTOIRE Di: LA LITTÉRATURE ORECQUR

jeunesse romaine et sur des écrivains supérieurs tels que Lucrèce, Cicéron et Sénèque.

Cependant, au temps de iNéron et de Domitien, les écoles d'Alhnnosont perdu en partie leur prosti^'e. La jeunesse comnienc(3 à oublier le chemin de la Grèce pour se rendre en Gaule, à Marseille. Les maîtres athéniens ont moins de réputation que dans la période précédente. Le plus célèbre est Ammonius le péripatéticien, dont Plutarque suivit les leçons, et qu'il ne faut pas confondre avec Ammonius Saccas d'Alexandrie, que nous rencontrerons plus tard. La philosophie d'Ammonius était une sorte de conciliation entre les écoles did'ércntes ; on le regarde, pour cette raison, comme le père de réclectisme, qui a régné chez nous sous rinfluence d'un philosophe contemporain, Victor Cousin. Cette fusion même indique la décadence des quatres grandes sectes originales, l'Académie, le Lycée, rÉpicurisme et le Stoïcisme. Les caractères qui les distinguaient s'affaiblissent; les noms restent, mais les doctrines, comme l'a dit l'historien de ces derniers âges de la Grèce, M. Petit de JuUeville, « se confondent de plus en plus dans une sorte d'éloquence philosophique ^ »

En finissant ce chapitre, nous devons signaler les œuvres d'un philosophe juif, Philon d'Alexandrie, né vers l'an 30 avant J.-C, qui a travaillé à une conciliation entre l'Écriture sainte et les doctrines platoniciennes. Quoique sa tentative ait échoué, elle est un signe du temps : elle fait connaître le mouvement religieux qui se produisit à cette époque; elle a contribué à répandre les idées juives; elle a préparé cette fusion entre les philosophies de TOrient et la philosophie grecque qu'on appelle VÉcole d'Alexandrie; on

d. Histoire de la Grèce sous la domination romaine, ch. xv, page 287.

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peut dire qu'elle a servi, dans une certaine mesure, à la propagation du christianisme. Les traités de Philon sont écrits en grec ; nous en avons des traductions en arménien. Les plus souvent cités sont le? suivants : De la Création du monde d'après le livre de Moïse ; Allégories des livres saints; De la vie eontemplalivf* . Des ChérubiiiSy etc.^

Livres hermétiques. — Les Livres hermétiques , ouvrage en vers grecs qui remonte sans doute aux premiers temps de l'ère chrétienne, et qui a été composé en Egypte, ressemblent aussi à un essai de fusion entre j^les vieilles doctrines égyptiennes, le spiritualisme platonicien, et les traditions juives et chrétiennes. Le personnage auquel on attribue ces livres, Hermès trois fois très grand [trismégiste), est fabuleux; c'est sans doute le dieu Thoth, que les Egyptiens honoraient comme l'inventeur de toutes les sciences, et qui se confondait avec V Hermès grec et le Mercure des Romains. Les livres hermétiques, dont nous avons de nombreux fragments, sont un mélange de philosophie, de chimie, d'histoire naturelle et de médecine*.

1. Voir la traduction de M. Louis Ménard, (1866) et sa remarquable introduction : Etude sur l'origine des livres hermétiques.

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