Voir Morceaux traduits, page
défense du libre arbitre contre la fatalité; V Utilité des ennemis^ petit livre très pratique conrime ceux do notre Nicole, dont Mme do St'vigné, disait : « Il faut en faire un bouillon et l'avaler. » Parmi les traités littéraires, nous citerons le meilleur de tous, la dissertation Sur la manière de lire les poètes, où l'auteur montre beaucoup de goût et de cœur, et la Comparaison de Ménandre et d Aristophane ^ trop sévère pour ce dernier poète, dont les tableaux cyniques révoltaient Pâme honnête de Plutarque.
Cet auteur a eu la bonne fortune d'être traduit en français par notre Amyot, et c'est la seule fois peutêtre qu'un traducteur, loin d'être un traître, suivant le proverbe italien (draduttore traditore, » a singulièrement rehaussé la valeur de l'original, qu'il a revêtu des grâces de son style simple, aimable et naïf. Le grec de Plutarque n'a point ces qualités : il est plein de disparates qui tiennent aux emprunts fréquents et textuels que l'auteur fait à toute sorte d'écrivains; en outre Plutarque, comme Ta dit Paul-Louis Courier, < aime à arrondir ses phrases » ; il y a souvent chez lui de l'emphase, delà prétention, de la redondance ; il recherche le cliquetis des antithèses, la sonorité des longues périodes, Péclat des expressions poétiques. Quel contraste avec Amyot! Mais ce vaste répertoire de tous les faits et de toutes les idées morales de l'antiquité a par lui-même un grand intérêt. Montaigne a pu dire : « Je sais bon gré à Jacques Amyot d'avoir seu trier et choisir un livre si digne et si à propos, pour en faire présent à son païs ; nous aultres ignorants estions perdus, si ce livre ne nous eust relevé du bourbier; sa merci *, nous osons, à ceste heure, et parler et escrire; les dames en régentent les maistres d'eschole; c'est nostre bréviaire *. »