M. Minoïde Minas
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Athénée. — Alh6n<'îe, de Naiicratis (Egypte) est un com[)ilaLeiir à peu près conlernporain du second Philostrale. 11 vécut longtemps à Alexandrie et il est probable qu'il publia à Home, sous le règne d'Alexandre S6v^;re, son j^rand ouvra;^o des Dipnosophùtes, ca^i-iid'ivQ Les sophistes àlahle ou Le souper des sopliistes. La l'orme est celle du dialogue ; mais de longues citations de textes, des dissertations sans fin font disparaître toute composition. Dans ce livre sont entassées une foule d'anecdotes sur les poètes, les historiens, les orateurs, les philosophes, les médecins, les savants, sans oublier les maîtres dans l'art de la gastronomie. Des jugements et de nombreux extraits sont joints aux anecdotes. L'amphitryon est le riche Romain Laurentius ; parmi les convives, qui sont ses interlocuteurs, se rencontrent Ulpien le jurisconsulte et le médecin Gallien. L'auteur cite près de huit cents écrivains et plus de douze cents ouvrages. Le livre était divisé en quinze livres : les deux premiers, une partie du troisième, du onzième et du quinzième ne nous sont connus que par un abrégé. Quelque indigeste qu'elle soit, cette compilation est précieuse, parce qu'elle nous a conservé beaucoup de fragments d'auteurs aujourd'hui perdus et beaucoup de renseignements sur l'antiquité: les plantes, les animaux, les productions des différents pays, les aliments préparés par chaque peuple, les salaisons, les concombres y ont place à côté des dissertations sur la musique, sur les arts, sur Pythagore et sur Homère.
Les anciens citent encore d'Athénée une Histoire des rois de Syrie, qui est perdue.
Oppien. — On peut placer parmi les rhéteurs Oppien de Gilicie, contemporain de Marc-Aurèle, auteur d'un poème sur la pêche, les Halieutiques. Des cinq livres qui le composent, les deux premiers sont une sorte
d'histoire naturelle des poissons, les trois autres traitent de l'art même de la pêche. Au milieu de mille détails techniques, on rencontre quelques peintures intéressantes, soutenues par un style pur et harmonieux.
On attribue aujourd'hui à un autre Oppien, d'Apamée, les Cynégétiques, ou poème Sur la chasse, dont nous possédons trois livres sur quatre. On se fonde sur la grande infériorité de la composition et du style pour en faire l'œuvre d'un second Oppien. Celui-ci serait également l'auteur d'un troisième poème Sur la chasse aux oiseaux, les Ixeutiques, dont nous avons une paraphrase en prose grecque.
Elien. — Nous terminerons cette revue par Elien le sophiste, Romain de Préneste, qui a écrit en grec, quoi qu'il ait presque constamment habité Rome, et qui fut l'élève de Pausanias. Son Histoire variée, compilation en quatorze livres est composée d'extraits d'auteurs anciens dont plusieurs sont perdus ; elle a donc un certain prix, mais les morceaux cités ont subi souvent des altérations. Ses dix-sept livres sur le Caractère particulier des animaux n'ont aucune valeur scientifique; ses ym^i Lettres rustiques ne sont que de médiocres compositions de rhétorique.