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CHAPITRE V

AGE DES ANTÛNINS (fIn). — PHILOSOPHES ET MORALISTES.

Nons avons dit, en parlant des écoles philosophiques d'Athènes, que les caractères distincts des sectes s'effaçaient de plus en plus et qu'elles tendaient à se confondre dans une sorte d'éclectisme. Les doctrines disparaissent à force de mutuelles concessions : les écoles d'Epicure et de Zenon, jadis si contraires, ne différent plus guère que par le nom et le costume de leurs chefs; elles évitent les discussions purement philosophiques et se renferment dans les questions de morale. Quant à l'école de Platon, elle a dégénéré, comme nous l'avons vu, en un scepticisme flottant, auquel il ne manquait qu'une formule pour constituer une doctrine. Un philosophe grec né en Crète, au i^^ siècle avant J.-G. iËnésidème, se chargeai de la lui donner

.^nésidème. — SextusEmpiricus. — Enésidème fut le véritable chef de l'école sceptique, dont Pyrrhon, l'élève de Socrate, avait posé les principes. 11 s'appuyait sur ce maître dans un ouvrage en huit livres intitulé Discours de Pyrrhoniens. Nous n'en possédons qu'un extrait, mais nous pouvons encore juger les doctrines de l'auteur par les ouvrages d'un autre sceptique du II® ou du iif siècle après J.-C, Sextus Empiricus. Compilateur plutôt qu'écrivain, Sextus fait connaître par ses résumés et ses extraits divers systèmes philoso-

0,']4 IIlSïOIUE DE LA LITTÉRATURE GRECQUE

phiqucs, cL il prouve, au jugement d'homrrjes corrip6t(înls*, que le septicisrne moderne des Hume et des Kant n'a pas beaucoup dépassé, pour la force des arguments, le scepticisme d'^Enésidème et de son école.

Mais le doute et la négation ne sauraient suffire au besoin des âmes. Aussi le spiritualisme de Platon, répudié par les platoniciens, fut-il recueilli avec un mélange d'éléments nouveaux parces néo-platoniciens, dont Philon le juif a été le précurseur. Dans la première moitié du n" siècle a commencé cette secte, connue sous le nom d'École d'Alexandrie, bien que tousses adeptes n'aient pas enseigné ou écrit en Egypte. Mais celui à qui on en rapporte la création, Ammonius Saccas, était, comme l'indique son surnom (porteur de sacs), un portefaix d'Alexandrie. Ammonius n'écrivit jamais, mais ses disciples, malgré sa défense, ont fait connaître ses doctrines, fusion assez incohérente des idées orientales avec les enseignements de Platon et d'Aristote. Les plus brillants successeurs d'Ammonius, Piotin, Porphyre et Jamblique, appartiennent à un âge postérieur. Même avant eux, on pouvait prévoir que cette école aboutirait au mysticisme.

En dehors des sceptiques de l'école d'^Enésidème et du mysticisme naissant des disciples d'Ammonius Saccas, nous ne trouvons plus dans la société païenne que des moralistes, professeurs ou écrivains, dont les leçons souvent brillantes et fortes, et quelquefois confirmées par de nobles exemples, manquaient d'une ':ase solide et d'une sanction véritable.

Dion Chrysostôme. —Nous nommerons d'abord ce Dion Ghrysostôme qui commença parles succès écla-

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