Manuel, ch. xxit
2. Juvénal, sat. XV, v. 149 et suiv. Voir nos Principes de composition et de style,^ e édition, page 350.
Arrien a développé les enseignements du Manuel dans deux autres écrits beaucoup plus étendus, les Entretiens et les Conversations familières, 11 nous reste quelques fragments des Entretiens, et les quatre premiers livres des Conversations. Il y a, dans ces ouvrages, moins d'austérité et de rigueur que dans le Manuel; on y sent davantage l'homme et cette bonté qui, selon Bossuet, « doit faire le fond de notre cœur. » Le sentiment de la fraternité humaine, que nous avons déjà signalé chez Plutarque, paraît dans quelques belles pages :
Notre philosophe, dit-il, a l'humanité pour famille, les hommes sont ses fils, les femme?; sont ses filles. C'est comme tels qu'il va les trouver tous, comme tels qu'il veille sur tous, parce qu'il est leur père, leur frère et le ministre de leur père à tous, Jupiter.
Dans ce livre le sage a aussi, vers la Divinité, des élans que l'on ne trouverait pas dans le Manuel i
Que puis-je faire, moi, vieux et boiteux, si ce n'est de chanter Dieu? Si j'étais rossignol, je ferais le métier de rossignol; si j'étais cygne, celui de cygne. Je suis un être raisonnable, il me faut chanter Dieu. Voilà mon métier, et je le fais. C'est mon rôle à moi, que je rempUrai tant que je pourrai, et je vous engage tous à chanter avec moi'.
Le critique délicat qui cite ce passage, M. Martha, ajoute : « Singulier changement qui s'est opéré dans les âmes! Le monde en détresse se tourne vers le ciel; l'insensible stoïcisme a déjà des élans divins, et l'école est tout près de se transformer en temple de la prière *. »