‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 210 sur 267 · Conversations familières , I · texte numérisé non relu

Conversations familières , I

2. Les moralistes sous l'empire romain, — La vertu stoïque p. 207, édit. iû-S. ^^

6i2 iiisTOfin- Dr: la LiTTKRATunE grecque

Mais, c'est M. Martha qui le dit lui-rnftmc : « 11 y a contradiction entre les doctrines des stoïciens et leur morale. » Le ciel, vers lequel Epictète s'élanco dans un transport lyrique, n'est-il pas, aux yeux des stoïciens, fermé et désert? C'est à d'autres docteurs que s'adresseront les malheureux et les déshérités d'ici-bas pour en apprendre le chemin et pour aller recueillir cet héritage.

Marc-Aurèle. — Le style d'Arrien se modèle sur celui de Xénophon; il a une correction et une pureté oii l'on sent quelquefois le travail. 1) n'en est pas de même du style de Marc-Âurcle, souvent irrégulier, rude, bizarre, plein de sous-entendus et d'ellipse?. Mais on s'explique ces défauts, quand on sait que ce livre intitulé : Poicr lui-même, c'est-à dire Pensées *, est composé de réflexions et de notes écrites au jour le jour, à Rome, en voyage, sous la tente, sur les bords du Danube, en face des Barbares ; et, si l'on a eu quelquefois de la peine à suivre l'auteur, on l'oublie bien vite lorsqu'on est entré dans l'intimité de cette âme si grande, si forte, et en même temps si affectueuse et si douce. Marc-Aurèle, en effet, c'est Epictète sans l'âpreté et Taltière raideur stoïcienne, avec une simplicité, un abandon, une aimable mansuétude 011 l'on sent l'influence du christianisme '.

On sait que la vie de Marc-Aurèle fut conforme à ses maximes. M, Guizot, dans un beau parallèle entre Marc-Aurèle et saint Louis, a rapproché l'empereur païen du roi chrétien, comme les deux hommes qui

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