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compte sur la f;loire ; il est un des sages qui en ont le mieux étalé le néant:
Celui qu'éblouit l'éclat do la réputation qu'il pourra laisser après lui ne se représente pas que chacun de ceux qui garderont son souvenir ne tardera pas à mourir, et après lui son successeur, jusqu'à ce que toute renommée s'éteij^ne en traversant des générations dont la vie à peine allumée est destinée à s'éteindre. Mais suppose immortels ceux qui garderontce souvenir, immortel le souvenir lui-même. Que t'importe? je ne dis pas après ta mort, mais pendant ta vie? qu'est-ce que la louange? à part l'application qu'on en peut faire. Tout ce qui est beau, en quelque genre que ce soit, est beau par sa propre nature et c'est en lui que se renferme sa beauté. La louange n'en fait point partie. Ce qui est loué n'en devient donc ni pire, ni meilleur. Et cela, je le dis même de ce qui s'appelle beau dans la langue vulgaire, comme des objets matériels ou des ouvrages de l'art. Et ce qui est réellement beau aurait besoin de quelque chose! non, pas plus que la loi, pas plus que la vérité, pas plus que la bonté, que la pudeur. Est-il une seule de toutes ces choses qui soit belle pour avoir été louée, ou qui diminue de prix quand on la blâme? L'émeraude perdelle de son prix pour n'être pas louée ? Et Tor, l'ivoire, la pourpre, un poignard, une fleur, un arbuste*?
Quelle est donc la consolation de ce sage, de ce grand et bienfaisant empereur, au moment où il quitte la terre « avec un cœur doux et paisible », se séparant de la vie « comme l'olive mûre qui tombe en bénissant la terre sa nourrice et en rendant grâce à l'arbre qui l'a portée "? » Hélas ! la doctrine stoïcienne ne lui permet aucune espérance; il n'y a plus pour lui d'autre avenir « qu'une durée inconsciente dans le sein du grand tout^. » On sent quelquefois qu'il s'en