‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 213 sur 267 · Martha; dans l'ouvrage déjà cité, éd. in -8, page · texte numérisé non relu

Martha; dans l'ouvrage déjà cité, éd. in -8, page

afflige; une sorte de murmure, bientôt réprimé, s'échappe de ses lèvres :

Comment se fait-il que les dieux qui ont ordonné si bien toutes choses et avec tant de bonté pour les hommes aient négligé un seul point, à savoir que les gens de bien, d'une vertu véritable, qui ont eu pendant leur vie une sorte de commerce avec la Divinité, qui se sont fait aimer d'elle par leur piété, ne revivent pas après leur mort et sont éteints pour jamais ?

Marc-Aurèle « qui avait conduit la philosophie profane jusqu'aux confins du christianisme^ », aurait pu trouver près de lui ces croyances que le panthéisme stoïcien ne donnait pas. Est-il vrai qu'il ait persécuté une religion qu'il était si digne d'aimer et de co^uprendre? Nous avons dit qu'il accueillit avec bienveillance l'apologie que lui adressa d'Alexandrie l'ancien professeur athénien Athénagoras, devenu un des Ptîres les plus véhéments et les plus énergiques de la religion nouvelle. M. Martha, dont le livre doit être lu par tous les amis des belles études morales et littéraires, prouve, ce nous semble, victorieusement, que l'accusation portée contre Marc-Aurèle est injuste\ Il n'a jamais publié un édit contre les chrétiens; au contraire, il a écrit une lettre qui ordonne de poursuivre leurs accusateurs. Faut-il le rendre responsable de quelques exécutions arrachées aux gouverneurs par une populace ameutée et fondées sur d'anciens édits qui n'étaient pas aboUs ? M. Martha cite un témoignage qui nous paraît irréfutable : vii gt ans aprè5 la mort de Marc-Aurèle, le grand apologiste Tertul lien revendique cet empereur comme un protecteur des chrétiens:

Page 1