‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 214 sur 267 · Ibid. y éd. in-8, page 261^ note · texte numérisé non relu

Ibid. y éd. in-8, page 261^ note

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Consultez vos annales, vous y verrez que les princes qui ont sévi contre nous sont de ceux qu'on tient à honreur d'avoir eus [pour persécuteurs. Au contraire, de tou.'i les princes qui ont connu les lois divines et humaines, noinrnez-en' un seul qui ait persécuté les chrétiens? Nous pouvons même en nommer un qui s'est déclaré leur protecteur, le saf^e Marc-Aurèle. S'il ne révoqua pas expressément les édits contre les chrétiens, du moins les rendit-il sans ed'et, on établissant des peines mêmes les plus rigoureuses contre les persécuteurs. Qu'est-ce donc que ces lois qui ne sont exécutées que par des princes impies, (injustes, infâmes, cruels, extravagants, insensés, que n'ont jamais autorisées... m un Antoniri, ni un Véius ?. (Marc- . Aurèie*.)

Lucien. — Quel contraste entre la figure de Marcurèle et celle d'un autre philosophe moraliste que nous allons maintenant étudier! A Téiévation sereine, à la bonté compatissante, à la tristesse mélancolique d'un sage qui aime les hommes et pardonne à leurs erreurs succèdent le rire moqueur, Fironie mordante, la verve impitoyable d'un sceptique qui s'attaque à tout, aux dieux, aux philosophes, aux hommes de toutes les conditions et qui, hellène et attique entre tous par la pureté, la finesse et la légèreté brillante de son style, porte les derniers coups au polythéisme hellénique.

Lucien, né à Samosate en Syrie, entre 120 et 130, mort dans un âge avancé, appartenait à une humble famille. Son père exerçait un métier manuel; Lucien lui-même commença par être apprenti dans l'atelier d'un de ses oncles, fabricant de statuettes. On lui permit enfin de se livrer à l'étude. Il alla suivre les leçons des célèbres professeurs d'Ionie, et entre autres du fameux Polémon, que nous avons eu occasion de nommer. Bientôt il fut lui-même sophiste et rhéteur

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