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véritable comédie : les acteurs sont plus nombreux, les incidents plus variés; les scènes mieux rattachées forment un ensemble plus complet. Tels sont les caractères du Tyrarif du Coq, du Timon, du Charon, qui rentrent pour le sujet dans le cadre des Dialogues des morts, mais qui ont plus d'ampleur, plus deforceetplus d'éclat. Le même progrès se remarque dans le Prométhée, V Assemblée des Dieux, les Doléances tragiques de Jupiter ou Jupiter tragédien. Ce sont encore les Dialogues des Dieux, mais avec une hardiesse encore plus grande et sous une forme plus saisissante et plus dramatique. « 0 Prométhée, dit Hermès à la fin du dialogue intitulé Prométhée, en faisant semblant de te défendre, tu as terriblement accusé Jupiter. » Dans r Assemblée des Dieux, Momus fait l'aveu suivant : « Depuis que nous sommes tant de dieux, il y a plus de parjures et de sacrilèges que jamais, et on nous méprise avec raison. »
Les philosophes et les rhéteurs, déjà bafoués dans de précédents ouvrages, ont aussi leur grande place dans la vaste galerie satirique de Lucien. Trois dialogues composés à cette époque : Les Vies ou les Sectes à Vencan, le Pêcheur ou les Ressuscites, la Double accu sation, sont au nombre des plus amusants, des plus spirituels, des plus accablants pour les sectes philosophiques. Dans le premier, Mercure, devenu crieur public, vend h l'encan des esclaves dont chacun représente la vie particulière préconisée par un chef d'école. Les acheteurs se promènent, examinent, questionnent, et font leurs réflexions. Diogène est estimé à deux oboles, Epicure à deux mines, Socrate à deux talents. Bdiusle Pêcheur, les philosophes ressuscitent pour venir se venger des attaques de Lucien. Celui-ci, traduit au tribunal de la Philosophie, se défend, est acquitté, et fait une pêche qui a pour résultat la séparation des faux et des vrais philosophes. La Double accusation.