‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 22 sur 267 · XX(V, V. 518 et suiv · texte numérisé non relu

XX(V, V. 518 et suiv

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trop soiivonl cxnuscjnl l(;s circonstances ; c'est par la ruse qu'il peut 6(;happer à Polyplièfiie, à Circé, aux Sirènes. Mais c'est encorn un homme placé dans des situations originales et attachantes, qui mettent en jeu toutes les ressources de son àme et font paraître toutes ses qualités de prudence, de finesse, d'énor;;ie, d'activité intelligente et avisée ; c'est le Grec parexcellence, avec les vertus et aussi avec les défauts de cette race si bien douée. Que d incidents de toute nature, que de périls sans cesse renaissants, dont il se tire avec une inépuisable fécondité de ressources ! Partout il est maître de lui, chez Calypso, chez Circé, dans la caverne de Polyphème, en face des Sirènes. Quand la tempête suscitée par Neptune brise le radeau qui est sa dernière espérance, il se plaint, mais il résiste; son courage et sa présence d'esprit le sauvent. Comme l'a dit un critique pénétrant ' « c'est ,, le triomphe de la fermeté industrieuse et intelligente \ qui ne se rebute et ne se lasse jamais. » Chez les Phéaciens, à la table du roi Alcinoiis, le chantre Déroodocus raconte quelques épisodes de la guerre de Troie. Ulysse est ému, il pleure en se couvrant la tête d'un pli de son manteau; mais il ne trahit pas son secret; c'est au moment opportun, à l'heure qu'il a choisie, qu'il se fait connaître. Il ne se possède pas moins devant son fidèle esclave Eumée, devant son fils Télémaque, devant sa nourrice Euryclée, qui l'a reconnu à une cicatrice, devant sa femme dont la noble douleur le touche, mais dont il écoute les plaintes sans compromettre, en se découvrant à elle, le succès de sa difficile entreprise. 11 est donc bien le héros du poème qui porte son nom, comme Achille est le héros de V Iliade, et sa puissante activité est jusqu'au bout l'âme des événements.

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