Saint Marc Girardin. Cours de Uttévat. dram.A, cb
HISTOIRE DE LA LITTÉRATIIRK «IRECQUE 43
Nestor. Diomède. Ajax. — iMais, si considérables que soient les personnages d'Achille et d'Ulysse, ils n'effacent pas ceux qui les entourent, et c'est là un des grands mérites des poèmes homériques. Dans V Iliade, que de figures expressives à côté d'Achille ! Nestor, discoureur complaisant, dont l'Age et l'expérience font écouter les longues digressions, DimnMfi, audacieux et brillant guerrier. Ajax, soldat impétueux, qui fait contraste avec Diomède et Ulysse par la brusque bonhomie de son caractère et de sa parole. Qu'on lise au 1X° chant, après les longs et habiles discours d'Ulysseet de Phénix, sa vive et impétueuse allocution, pleine d'une franchise et d'une douleur militaires. Qu'on lise son apostrophe à Jupiter * qui a tout à coup répandu les ténèbres sur le champ de bataille: « Si tu veux nous tuer, tue-nous du moins en plein jour! » Qu'on lise la scène piquante dans laquelle, forcé de battre en retraite, il se retourne de temps en temps, comme un âne que l'on entraîne loin d'un champ de blé, et renverse encore quelques Troyens, de même que l'âne happe quelques épis-. Ce caractère original se soutient partout.
Hector. — On trouve encore chez les Troyens plus de caractères frappants, llector représente le patriotisme généreux qui se dévoue sans espérance, et fait son devoir sans illusion et sans laiblesse : « Le meilleur de tous les augures, dit-il, c'est de combattre pour sa patrie. » Il la défend donc jusqu'au bout, et, avec elle, son père, sa mère, sa femme Andromaque, son petit Astyanax. Quelle scène touchante que celle de sa dernière entrevue avec ces êtres si chers ^ ! Il