Ch. XXIV, V. 486 et suiv
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personne pour le délendre du miillieur et de la ruine. Mais lui cependant, apprenant que lu vis, se réjouit dans son cœur, et tous les jours il espère voir son lils chéri revenir de Troie. Moi, je suis bien malheui'eux ; j'ai donné le jour à des lils vaillants dans la vaste ville de Troie, et de tous piis un, non pa!S un ne m'est resté..-. La plupart sont tombés sous les coups de l'impétueux Mars, et celui qui me demeurait seul, qui protéfj^eait la ville et nous-mêmes, tu viens de le tuer, quand il combattait pour sa patrie, mon Hector! Pour lui maintenant je viens aux vaisseaux des Grecs, afin de le racheter, et j'apporte de nombreux présents. Ah! respecte les dieux, Achilh", aie pitié de moi-même, en songeant à ton père. Je suis bien plus à plaindre que lui : j'ai osé ce que jamais avant moi aucun mortel n'osa sur la terre, porter à mes lèvres la main du meurtrier de mes lils.
Achille mêle ses larmes à celles du vieillard : la tente retentit de leurs gémissements confondus. C'est le destin qui a frappé Hector, comme il va bientôt frapper son vainqueur.
Cette scène si simple et si grande est de celles qui expliquent la jeunesse éternelle d'Homère : de telles beautés ne sauraient vieillir.
Hélène. — Ce qui précède a déjà fait pressentir Texpression touchante des caractères de femmes. Hélène nous désarme, comme elle a déjà désarmé Hector et Priam, par ses remords, par ses larmes, par son humble et tendre reconnaissance pour Hector, par son mépris pour le lâche Paris, par sa timide douleur devant le cadavre du héros, dont sa faute a causé la mort.
Hécube. — Nous avons vu le père dans Priam ; Hécube n'est pas une mère moins touchante, quand elle découvre à Hector le sein qui l'a allaité, en joignant ses prières à celles de Priam, et en suppliant
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son tils de no pas lultor conlre Achillo \ cl qnanrl, au jour des lunérailles, elle pleure sur son cudavn?.
Andromaque. — Mais rien n'égale la beauté pure du personnage d'Andromaque, type delà fernrne,et de la mère, que Virgile et Racine ont éga'é sans le surpasser. Il faudrait citer et l'admirable scène du VP chant, et la fin du XXII'", lorsque la malheureuse, échappée à sa demeure, arrive sur la tour pour voir traîner au pied des murs le cadavre d'Hector, et les adieux qu'elle lui adresse au moment des lunerailles, adieux pleins de tristes pressentiments ; car ce fils si cher la suivra sur la terre d'esclavage ; comme elle, il sera soumis à d'indignes emplois, ou bien un Grec l'arrachera des bras d'Andromaque pour le précipiter du haut d'une tour 2. .
On le voit, tons les sentiments les plus tendres et les plus naturels sont développés dans VIliade : i:é£Ouse, le mari, le père, la mère, y paraissent sous des traits
touchants. ,
On trouve aussi dans VOdyssée, à côte dLlysse, d'intéressantes et belles figures. La plupart sont nécessairement épisodiques, puisque les voyages du héros nous promènent de pays en pays : telle est la -racieuse Nausicaa, telles sont Galypso et Circe, et, parmi les hommes, le magnifique et généreux Alcinoûs, le fidèle Eumée, Nestor, Menélas, qui reçoivent avec une afl'ectueuse bonté le jeune Télémaque à la recherche de son père.
Télémaque. — Le caractère de celui-ci est plus développé : malgré ses malheurs, il est digne, il est fier • tendre et respectueux pour sa mère, il sait
1 Ch. XXII, V. 82 et suiv.