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Art poétique, ch. HT

HISTOIRE DE LA LITTI^IRATURE GRECQUE 85

pas encore jugé'. Nous ne sommes pas mieux fixés aujourd'hui. Le nom le plus ancien que nous rencontrions est celui de Cailinos d'Ephèse, contemporain d'Arcliiloque, car il llorissail vers 700. et peuL-ôlre môme plus ancien. Gallinus, comme Archiloque, est Ionien ; c'est en dialecte ionien qu'ils ont écrit l'un et l'autre. Par conséquent tous les poètes iambo^raphes, -tous les auteurs d'élé^nes. lussent-ils ^oliens ou duriens d'origine, adopteront dans leurs vers la langue ionienne. C'est une loi invariable chez les Grecs et nous en verrons d'autres ed'ets en étudiant leur théâtre. Callinâs J'ut témoin des invasions qui ravagèrent l'Asie Mineure an temps de Gygès et qui ne furent victorieusement repoussées que par le roi Halyatte Gallinus appelle Cimmérlens et Trbzeii ces hordes barbares qu'attiraient les richesses de la Lydie, qui prirent deux fois l'opulente ville de Sardes, et détruisirent Magnésie du Méandre. Un grammairien ancien, Stobée, nous a conservé une belle harangue du poète à ses concitoyens amollis par le luxe et les arts de la paix. Le ton de cette exhortation militaire prouve ,qu'il était nécessaire de rap poêler les Lydiens aux fortiJs vertus de leurs ancêtres :

Jusques à quand restercz-vous en repos? Quand aurezvous un cœur vaillant, ô jeunes gens? Ne rougissez-vous pas (levant vos voisins de ce lâche abandon de vous-mêmes? Vous croyez donc vivre dans la paix? Mais la guerre tient tout le pays... Qu'en mourant il frappe un dernier coup. Car il est glorieux, il est beau pour un homme de se battre contre l'ennemi pour son pays, pour ses enfants, pour sa légitime épouse. La mort, elle, viendra quand les Parques l'auront filée . Allons! que chacun marche devant soi, la lance haute, couvrant

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