Vers 870 et suiv
100 msToiiu: f»i; la iAn(A\\r\\\v. fiRFxgiiE
Cette morale païenne, qui reinl le mal pour le mal, est encore plus complôtemont exprimée dans l'apostrophe suivante :
Castor ot Pollux, qui hal/itez dans la divine Lacéd^'-monc, près de l'Eurotas au beau cours, si jf veux faire du rnal <i un ami, que ce soit à moi qu'il en arrive! Mais si c'est lui qui veut m'en faire, qu'il lui en arrive deux fois autant!
D'ailleurs Solon, lui aussi, désire « être doux à ses amis, amer à ses ennemis '. »
La contradiction apparente qui se rencontre ici-bas entre l'idée de la justice divine et l'ordre des choses humaines pousse rame emportée du poète presque jusqu'au blasphème :
Ami Jupiter, je t'admire, car tu règnes sur tous, ayant en toi-même honneurs et suprême puissance. Et tu connais bien les pensées et le cœur de chaque homme, et ton pouvoir, ô roi, est le plus élevé de tous. Comment donc, fils de Saturne, ta raison ose-t-elle tenir le même compte du criminel et du juste?... Non, la divinité n'a tracé aucune règle aux mortels, aucune route qui assure à ceux qui la suivent la faveur des immortels. Des criminels ont une prospérité que rien ne trouble ; et ceux qui défendent à leur cœur les actions mauvaises, qui' aiment la justice, ont cependant en partage la pauvreté mère du désespoir, qui pousse au crime le cœur des hommes *.
Et ceci, roi des immortels, comment est-ce juste, qu'un homme qui s'abstient des actions injustes, dont la conscience n'est chargée ni d'une prévarication ni d'un parjure, mais qui vit selon la justice, ne soit pas -traité selon la justice? Quel mortel en voyant cela peut encore vénérer les immortels? Et que peut-on penser, lorsque un homme injuste et impie, qui ne craint la colère ni des hommes ni des dieux, étale son insolence, rassasié de richesses, pendant que les justes sont écrasés sous le poids de la dure pauvreté^?