‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 49 sur 267 · Vers 742 et suiv · texte numérisé non relu

Vers 742 et suiv

HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE GRECQUE iOl

Cette pensée, qui obsède le philosophe, amène chez lui la conclusion que lejiéant est préférable à la vie ;

Ce qui vaut le mieux pour les habitants de la terre, c'est de ne pas naître et de ne pas voir les rayons de l'éclatant soleil; mais, lorsque on est né, de franchir au plus tôt les portes d'Adès (Pluton) et de dormir couché sous la terre K

Il conseille aussi de jouir de la jeunesse et du bonheur présent, car on ne peut compter sur l'avenir-'.

Cependant il ne faudrait pas juger par ces boutades de toute la philosophie de Théognis : il a souvent aussi des réflexions moins amères et des conseils plus fortifiants. Et d'abord, dans un des plus poétiques passages de ses œuvres, il célèbre l'espérance :

L'Espérance est la seule bonne déesse qui soit restée chez les jiommes; les autres dieux nous ont quittés et sont retournés à l'Olympe. La Bonne Foi est partie, cette grande déesse: avec elle est partie la Tempérance; les Grâces aussi, ô mon ami, ont quitté la terre. Il n'y a plus chez les hommes de serments fidèles fondés sur la justice, et nul ne respecte les dieux immortels. La race des hommes pieux a disparu, on ne connaît plus ni la loi ni la vertu. Ah! tant que nous vivons et que nous voyons la lumière du soleil, honorons les dieux et 'attendons l'Flspérance ; prions les dieux, brûlons les cuisses grasses des victimes, et que l'Kspérance reçoive nos premiers et nos derniers sacrifices ^,

Ailleurs il fait de l'adversité une épreuve d'où le brave sort mieux trempé :

Cyrnos, le cœur de l'homme vertueux est toujours inébranlable; il est également fort dans l'adversité et dans le bon-.

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