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Vers 101 et suiv

HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE GRECQrE ^ 03

siode ; on comprend qu'elle ait été bien vile populaire et qu'on en ait extrait des sentences, qui s'apprenaient par cœur et passaient de bouche en bouche comme des proverbes.

Phocylide de Milet. — Tel est surtout le caractère des œuvres d'un autre poète gnomique, Phocylide de Milet, contemporain de Théognis. Son travail no consiste guère qu'à avoir mis des distiques en sentences ; et pour assurer sa paternité, il débute toujours par ces mots : « Ceci encore est de Phocylide. » Nous avons conservé de lui une vingtaine de vers. Dans une de ses petites pièces, il résume froidement la longue épigramnie de Simonide d'Amorgos sur les femmes. Il a quelques distiques heureux : « Ceci encore est de Phocylide : Une ville sur un rocher, petite, mais où règne le bon ordre, est plus forte que Ninive livrée à la licence. » Mais plus souvent ses sentences sont communes comme la suivante : « Ceci est encore de Phocylide : Il faut que l'ami veille sur ses amis pour tous les propos que répètent les citoyens. » — Solon et Théognis sont des poètes ; Phocylide n'est qu'un mince versificateur.

Nous arrivons à la dernière forme de l'élégie, celle que lui donna Mimnerme.

Mimnerme de Colophon. — Mimnerme, né à Colophon, r.orissait vers 550. Sa vie se passa à Smyrne. A cette époque, le» Ioniens, sujets du roi de Lydie^ avaient subi 1 influence du climat et des mœurs des pnpnlntions qui les entouraient. La mollesse, jps plaisirs, lecluxe. voilà ce qui régnait dans les villes grecques du rivage, comme à Sardes, capitale du roi de Lydie. Telle est aussi l'inspiration de la poésie de Mimnerme. C'est la volupté qu'il célèbre. « La vie est courte, dit-il, la jeunesse passe vite, il faut en jouir, tandis qu'on la

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possède, y Cette idée règne dans les courts fragments de ses élégies qui nous sont parvenus :

jNuus ross(3nihloMS aux Iciiilk'S (\\U' fait (tdora la saison (leurif3 du' printemps, lorsque s'accroît la clarté du soleil. Comme elles, nous jouissons un instant des fleurs de la jeunesse. Alors paraissent les Parques noires, l'une dont le terme fatal est la vieillesse, l'autre nous apportant la mort.

éphémère est le fruit de la jeunesse, comme la clart*'- du soleil luisant sur la terre. Mais quand arrivera le triste retour de l'âge, mieux vaut aussitôt mourir que de continuer à vivre. Car bien des maux attristent notre cœur. Tantôt la moisson dépérit, la pauvreté accomplit son œuvre lamentable; tantôt on est dépouillé de ses enfants, et consumé de vains regrets, on descend sous la terre dans la maison d'Adès ; tantôt on souffre d'une maladie qui ronge le cœur. Non, il n'est pas un mortel à qui Jupiter n'envoie des maux sans nombre.

L'ennemi est donc la vieillesse qui nous apporte ces misères, « qui flétrit notre beauté, qui nous fait haïr des enfants, mépriser des femmes, qui enlève au père le respect et l'amitié de ses enfants. »

Étranges idées qui ne font honneur ni au poète, ni à ses concitoyens ! L'élégie a bien perdu en passant des mains d'un Tyrtée, d'un Solon et même d'un Théognis, entre les mains de Mimnerme. Le nom d'une femme, Nanno, donné à une des pièces de ce poète, et quelques vers qui nous sont parvenus, nous font juger que ses tableaux étaient surtout consacrés à. la peinture de la volupté. Déjà d'ailleurs, à cette époque, les passions avaient trouvé dans les poètes lyriques proprement dits des interprètes pleins d'ardeur.

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