I. — Poètes méliques
Caractères de la poésie lyrique proprement dite. — Poésie mélique. — Poésie choriqiie. — La simplicité et la monotonie de Tiambe et du distique ne suffisaient pas à l'expression de tous les sentiments dont s'inspire la poésie lyrique. La passion, en se dégageant, a dû créer des formes plus variées, plus vives, plus musicales. Tantôt ce sont des couplets où le même vers se répète uniformément ; tantôt ce sont des strophes de peu d'étendue, oii des vers de différente mesure sont régulièrement enlacés. Tantôt enfin, ce sont de longues périodes^ mélangées de toute manière avec une grande liberté et en même temps une grande contrainte pour le poète ; car, nous le verrons plus tard, ces poésies sont calculées à la fois pour la musique et pour la danse, et la combinaison adoptée dans la première période doit être reproduite exactement dans les suivantes. Nous étudierons plus tard les éléments de cette poésie, qu'on appelle poésie chorique^ parce qu'elle était exécutée par des choeurs.
Poètes de Lesbos. — La première, plus facile et moins savante, était regardée par les Grecs, comme
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originairo (Je l'îlo do Lesbos. Suivant une tradition populaire, la tèl.(; et la lyre d'Orphée, jetées dans l'Ilèhre par les lJae(îhant(;s et portées parles (lots sur le rivage do cette île, avi»ient été pieusement recueillies par les habitants, qui élevèrent un tombeau au poète, et suspendirent sa lyre au temple d'Apollon. î.e dieu les récompensa en leur donnant le don de la musique et de la poésie. A l'ori^Mue c'est presque une seule et môme chose, et il est certain que la première a eu la plus grande influence sur le développement de la seconde.
Terpandre. — Le nom de Terpandre, le premier que nous rencontrions dans l'histoire de la poésie lyrique, est avant tout celui d'un musicien. Sa célébrité est due à l'invention de la lyre à sept cordes. Tandis que les anciens instruments à quatre cordas ne permettaient guère que de soutenir par quelques notes la voix des aèdes et d'accompagner la récitation des ïambes et des élégies, le nouveau système musical rendit possibles mille combinaisons, mille jeux dharmonie et de rythme, dont la pensée poétique profita. Les grands poètes inventent leur forme musicale, appropriée à leur génie et à la nature particulière des sentiments qu'ils veulent exprimer.
Écoles poétiques de Lesbos. — Terpandre eut de nombreux disciples, et des écoles de musiciens et de poètes fleurirent pendant longtemps dans les différentes villes de Lesbos, à Antissa, à Méthymne, à Mitylène. On pourrait citer beaucoup de noms ; les plus célèbres sont ceux d'Arion, d'Alcée, de Sapho et de son élève Erinna.
Arion. — Mais la vie d'Arion, quoiqu'il ait été contemporain d'Alcée et de Sapho, est encore entourée
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de légendes fabuleuses. Rien n'est plus connu que rtilstoire du dauphin qui, louché dos accords de sa lyre, le reçoit sur son dos au moment où il est précipité à la mer, et le transporte au port de Corinthe où il devance ses assassins. De cette anecdote môme et d'autres récits de l'antiquité, on peut conclure qu'Arion était surtout un habile joueur de lyre, favori de Périandre et d'autres familles puissantes de la Grèce. Les anciens lui attribuent le perfectionnement du dithyrambe ou chant en l'honneur de liacchus.
Alcée. — Alcée et Sapho sont des figures tout à fait historiques. Tous doux sont nés à Mitylène et ont vécu dans la seconde moitié du vir siècle, h l'époque de lajutte (^nlr^. 1';>nriHnnp. ;wistnp.r;itin etUeLlyjIiiUS.
Alcée a pris une pari active à ces luttes politigiifts. 11 appartenait à une famille ancienne, et il a été l'ennemi acharné des chefs populaires, qui, sous le nom de tyrans, ont gouverné pendant cette période l'île de Lesbos. Ses deux frères trempèrent dans l'assassinat d'un d'entre eux, Mélanchrus. 11 célébra la mcrrt d'un autre, Myrsile, par une ode dont nous connaissons les deux premiers vers qu'Horace a imités' ;« C'est maintenant qu'il faut s'enivrer et boire à outrance, puisque Myrsile est mort. » Il n'a môme pas épargné le sage Pittacus, dont le gouvernement juste et désintéressé a été approuvé de tous. Il put cependant à cette époque rentrer dans son pays, d'où il était exilé depuis long- , temps.
Ainsi la vie d'Alcéea été la vie d'un homme d'action : il a conspiré, if a combattu, il a été banni, il a fait de longs voyages sur mer. Le poète ne se distinguait pas chez lui de l'homme de parti et du soldat ; ses vers chantaient toutes ses aventures, exhalaient toutes ses