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passions, et, s'il a célébré aussi liacchiis et l'Amour, c'est qu'il a L'h^rché souvent dans les plaisir^ une c|iversion à ses malheurs et aux agitations violentes de son àme. Son Uiuvre comprenait encore des chants en l'honneur des dieux. Les anciens ont été vivement frappés de l'énergie et de la fière ardeur de cette poésie. Horace qui l'imita plus d'une fois en parle avec admiration. Nous n'en pouvons malheureusement juger que par de courts fragments. Un des plus remarquables est cette description d'une tempête :
Une vague roule d'un côté, une vague roule de l'autre, et nous sommes entraînés au milieu avec le noir vaisseau, battus par la forte tempête. Le pied du mât reste encore fixé au fond du navire, mais la voile est percée et pend en grands lambeaux. Les ancres fléchissent. Voici qu'un flot s'avance égal au premier, il nous apportera bien des maux à souffrir.
Cette tempête et ce navire sont allégoriques : l'auteur avait peint par ces images, la république de Mitylène battue par les vents populaires. Horace a encore transporté dans une de ses odes * cette allégorie, sans lui donner un développement aussi large. Dans un autre fragment assez étendu, Alcée décrit à la fois en soldat et en artiste une maison tapissée d'armes. Chose étrange ! la guerre a été une des pas^ sions du poète, et pourtant, comme Archiloque. il a fui dans un combat contre les Athéniens, il a perdu son bouclier, et il raconte lui-même que ce trophée a été suspendu par les vainqueurs dans le temple de Minerve.
Alcée avait employé plus d'une sorte de mètres lyriques ; mais une strophe lui appartient en propre et a conservé son nom, c'est la strophe alca'ique,
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devenue bientôt populaire par sa vivacité rapide et sa souplesse. Elle a été bien des fois empruntée parles poètes lyriques delà Grèce et de llonie.
Sapho. — ]^a contemporaine d'Alcée, la fameuse Sapho, a aussi donné son nom j\ une strophe pleine de mollesse et de grâce, la strophe saphique. L'histoire de cette femme illustre présente quelques incertitudes; cependant, il est certain qu'elle était née, comme Alcée, à Mitylène, et qu'elle appartenait à l'école d'Antissa. Elle a été mariée à un certain Gercylos ; elle avait une fille dont elle parle avec tendresse dans quelques vers qui nous sont parvenus : «J'ai une belle jeune fdle, semblable dans sa forme élégante aux (leurs dorées, ma Gléis bien-aimée. Je n'accepterais, en échange, ni la Lydie, ni l'aimable lonie. » Gomme Alcée, eHe a été môlée aux agitations polil.i- (iues ; elle a conspiré contre Pitlacus, elle a été exilée et a vécu en Sicile, où quelques auteurs la font mourir. D'après une légende célèbre que le poète latin Ovide a consacrée et qui a inspiré à Lamartine une belle Méditation ', elle fut victime d'un amour méprisé par Phaon, et se précipita du haut du promontoire de Leucade. Mais il est reconnu aujourd'hui que cette légende se rapporte à une autre Lesbienne du môme nom qui vécut plus tard.
Tous les anciens parlent de Sapho avec la plus vive admiration ; Platon rappelle la dixième Muse. Le recueil de ses œuvres était considérable; les agitations de son cœur, les joies et les douleurs de la passion faisaient l'inspiration d' uye grande partie do. sfs odes. Elle avait composé aussi beaucoup de chants d'hyménée ou cpithalaincs. La louange des dieux, les fêtes