Nouvelles Mcditalioiis, m
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nationales do la Grèce, tels lurent encore les sujets qu'elle traita.
De tous ces chofs-d'(euvre le temps ne nous a laissé que deux odes, l'une emportée par tous les élans d'une passion fiévreuse, l'autre pleine d'une grâce et d'une douceur exquises. Nous pouvons citer au moins une partie de la seconde. C'est une prière à Vénus :
Toi qui sièges sur un trône ciselé, immortelle Aphrodite, fille insidieuse de Jupiter, je t'en supplie, ne laisse pas les soucis ni. les souffrances, ô déesse, accabler mon cœur. Mais descends près de moi, si jamais dT'jà tu écoutas ma prière, si, quittant le palais d'or de ton père, tu vins ayant attelé ton char. Du haut du ciel, de beaux et r;q/ides passereaux te portaient autour de la sombre terre, agitant à coups pressés leurs ailes à travers les airs. En un instant ils furent arrivés, et toi, ô bienheureuse, éclairant d'un sourire ton visage immoïtel, tu me demandais quelle était ma souffrance, pourquoi je t'appelais, ce que désirait avant tout mon cœur en délire...
Viens encore aujourd'hui, délivre-moi de mes cruels soucis, et ce que mon cœur souhaite passionnément, accomplis-le ; combats toi-même avec moi.
Bien que cette prose traînante ne laisse subsister ni la rapidité de Fimage, ni Tharmonie variée des strophes, et qu'il faille suppléer aussi l'accent de la voix et les accords de la lyre, on y sent encore quelque chose de la simplicité pure, de la grâce aimable de la poésie originale. C'est le caractère de tous les vers détachés, de tous les courts fragments que les critiques anciens nous ont conservés en les citant. Tel est ce passage emprunté à un épithalame :
Comme une pomme qui rougit à l'extrémité, à la plus haute extrémité d'une branche ; ceux qui ont cueiUi les fruits l'ont oubliée; ils ne l'ont pas oubliée, mais ils n'ont pu l'atteindre.
IIISTOIUE DE LA LITTÉRATUIU-: GRECQUE I 1 1
Sapho aime à associer ainsi aux passions liumaiiies les scènes de la nature, comme dans ce joli tableau :
« L'onde i'raîclie inuniiLii'e en haif^^nant les branches du —^ pommier. Au bruit des Feuilles agitées, le sommeil descend sur ma paupière. >>
Horace a sans doute pensé à cette gracieuse peinture dans une de ses odes '. Ailleurs elle dit h une jeune lille :
Muais, couvre de couronnes ta chevelure aimable, charge tes tendres mains de branches d'anytus. Ainsi parfumée de fleurs, tu attireras les regards de la déesse; les dieux se détournent des suppliants sans couronnes.
La religion s'unit ici c\ la poésie : les dieux dans les idées de Sapbo aiment le gracieux et le beau. Homère les avait faits guerriers, Sapho les fait poètes.
Quelquefois le ton s'élève sous l'inspiration d'un sentiment plus grand. Sapho avait conscience de son génie, elle était fière de sa renommée, elle comptait sur l'immortalité de la gloire. Ce noble orgueil respire dans ces vers adressés sans doute à une ennemie ou à une rivale qu'elle méprise :
iMorte, tu seras gisante; nulle mémoire jamais ne restera de toi dans l'avenir, car tu n'as point part aux roses de la Piérie, mais tu descendras inconnue dans la demeure d'Adès, errant sur le sol des morts obscurs.
1.11, m. <c En ce lieu où un pin r\o\c, un peuplier blauc aiment à umrior leur ()nd)re lit)S|)italiér(', où lutte contre les détours de la rive une onde pressée de l'uir. »
Quo pinus ingens albaque populus, Unibr;iin liospif.ilcni consociare amant Raniis, ot oliliipio lahorat
Lynipha fugax trcpidarc rivo...
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Saj)li(j, sor'li(; de Téccjlo d'Aiitissa, rcunil ;i sr)n Lour (lu noiribreuscs élèves dont plus .d'une a été célébi'c.
Erinne. — Nous citerons seulement Erinne, jeune lille (le grand talent, morte à dix-huit ans. Outre de.^ odes dans le dialecte éolien, elle avait composé un poème en trois cents vers héroïques, intitulé La QuanouUie. L'admiration des anciens allait jusf|u'à rapprocher celte (liuvre de \ Iliade et de rOr//y.s.sv'c>, On attribue quelquefois à Erinne une ode assez belle dont le titre peut avoir deux sens : à ^<^ Forccijw it Rome. Mais l'abstraction du premier sujet ne conviendrait guère ni au caractère de la poésie de cette époque, ni surtout au talent d'une toute jeune fille. D'ailleurs, chacun des traits de ce petit tableau s'applique merveilleusement à la puissance do Rome, et l'explication la plus naturelle est celle qui attribue cette ode à un poète de Tépoque romaine.
Alcman. — Un demi-siècle avant Sapho et Alcée, vécut à Sparte un autre poète lyrique, moins populaire chez les anciens, mais très admiré deux, Alcman ou Alcméon. 11 n'était pas dorien ni même Grec d'origine. Né à Sardes, en Lydie, il fut esclave, puis affranchi, et dut à son talent le titre de citoyen de Sparte, Les élégies de Tyrtée étaient composées dans le dialecte ionien. Alcman fit du dorien une langue poétique, en lui donnant plus de douceur, de grâce et de souplesse. Les rares fragments qui restent de ses œuvres montrent chez lui les qualités brillantes d'un grand poète. Outre les poésies personnelles qu'il composa à l'exemple des chantres de Lesbos, il contribua aussi à la création de la poésie chorique.
Anacréon. — Quand on quitte Alcée et Sapho pour .
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étudier la vie et le caractère d'un autre célèbre poète, Anacréon, on est frappé du contraste. Né à Téos, en lonie, dans la première moitié du vi« siècle, il vit sa ville natale conquise par les Perses, et il alla avec ses concitoyens s'établir à Abdère, sur la côte de ïh^ace. Il quitta bientôt cette nouvelle patrie pour vivre à la cour somptueuse du tyran de Samos, Polycrate. Ouand . , Polycrate a péri, il part pour Athènes sur une riche galère que lui envoie un autre tyran, Ilipparque, fils dePisistrate. Après le meurtre d'IIipparque, il se rend h Tinvitation d'une puissante famille de Thessalie, les Aleuades, qui régnaient à Larissa et qui aimaient aussi à s'entourer de poètes et h les combler de leurs présents. Plus tard, Téos se relève de ses ruines ; il y revient et Ton croit qu'il y passa les dernières années de sa longue et heureuse existence.
On voit que les événements n'avaient pas manqué à Anacréon pour déployer des sentiments énergiques; mais il n'a pas pour sa patrie cet amour ardent qui rend l'exil si amer au poète Alcée. Sa patrie est le pays où il peut sans inquiétude se livrer au plaisir. Il n'a aucun goût pour les factions et pour la guerre. « Que m'importent, a-t-il dit, les arcs recourbés des Scythes ! » et ailleurs : «Je n'aime pas celui qui, assis auprès d'une coupe pleine, parle des combats et de la funeste guerre ; mais j'aime celui qui, joignant aux pjaisirs les dons brillants des Muses, entretient agréablement les convives. » C'est donc avant tnnf. Ifi pnèf.ft i (JuplaisirT mais (in plnisirderp.nr.pt mnf]<^r/> ftnnnmi dps ' excès et des passions qui troublent l'âme et le corps.
Dans une de ses odes qu'a imitée Horace ' il recommande ce bon goût et cette mesure : « Ne nous excitons pas i\ boire comme les Scythes, en poussant des cris ,.. ,,^^ tumultueux. Buvons en chantant de beaux hymnes.»