Odes, IV
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La longue exisLcnce do Pindarc semble n'avoir 61c qu'une suite de distinctions et d(3 fôtes. Il reçoit en Sicile la magiiifique hospitalité de Iliéron de Syracuse et de Théron d'Agrigente ; le roi de Cyrènc, Arcésilas, les rois de Macédoine, AmynLas V^ et Alexandre I' '' le reçoivent avec transport et le comblent d'honneurs et de richesses; ces familles princières de Thessalie, les Aleuades et les Scopades, qui ont accueilli Simonide, sont flores de le posséder. Les Athéniens le déclarent hôte public de leiir ville; les Amphictyons lui décernent le droit d'hospitalité dans toutes les cités de la Grèce ; la Pythie ordonne, au nom d'Apollon, qu'il recevra la moitié des prémices oil'ertes sur les autels des dieux, et ce privilège devient héréditaire dans sa famille. Il assiste aux fêtes d'Apollon, couronné de lauriers, assis sur un trône de fer. Thèbes lui élève de son vivant une statue, oii il est représenté une lyre à la main, la tête ceinte d'un diadème. K' meurt à quatre- ■sdagiS-jaiis, comblé d'honneurs, de richesses et de gloire, et sa postérité jouit encore longtemps après sa mort des distinctions que lui a méritées son génie.
Ses œuvres. — Des œuvres nombreuses justifiaient cette gloire ; Hymnes, dithyrambes, péans, chants d'allégresse, chants de processions (prosodies), chants funèbres {thrênes), chants de jeunes filles [parthé^ nies), chants destinés aux danses [hyporchêmes), chansons de table iscoUes), chants de victoire ou odes ej;i Thonneur des vainqueurs des grands jeus^j PindarQ, comme Simonide, ^aittout embrassé.
Chants de victoire. — Jugements des anciens et des modernes. — Malheureusement pour nous, nous n'avons conservé que les chants de victoire, olympiques, pythiques, néméennes, isthmiques, c'est-à-dire ce qui présente le moins d'intérêt et ce qui a lé plus
HISTOIRE DE LA LITTÉllATUUE GUECOUE 131
perdu par la nature des sujets et par Ja différence des sociétés. Tel est le caractère de ce recueil, telle est la difficulté de la langue, qu'on n'arrive pas sans effort à goûter ces œuvres et à y retrouver les grandes qualités que les anciens y célébraient. Aussi peut-on dire que, dans l'admiration vouée àPindare par le xvi^ et le wn"" siècle, il entrait beaucoup de tradition et beaucoup de respect pour le jugement de l'antiquité. Depuis cette époque, et dès la fameuse querelle des anciens et des modernes au xvn*^ siècle, le génie de Pindare a été contesté, attaqué souvent avec irrévérence. On lui a reproché sa monotonie, la disproportion entre le luxe de ses épisodes et la stérilité de ses sujets ; on l'a traité ^< d'inintelligible et boursouflé Thébain. » On a voulu rabaisser l'importance de ses odes en faisant des vainqueurs de ces luttes « des bourgeois de Mégare ou de Corinthe ; » on l'a accusé de « parler beaucoup sans rien dire » et d'écrire « des vers que personne n'entend » '. Notpe temps plus équitable avoulu, pour apprécier le poète, le replacer au milieu de son siècle, retrouver les impressions de ses contemporains. Il a étudié de plus près son langage, en a éclairci les principales difficultés, et il est arrivé ainsi à mettre en lumière les talents incontestables du poète.
Importance des jeux de la Grèce. — Et d'abord, pour juger équitablcment les odes de Pindare, il ne