‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 62 sur 267 · Voltaire · texte numérisé non relu

Voltaire

Sors (iu tombeau, divin PindarC)

Toi (|iii célébras autrolois

Les cliovaux de ([iiolqucs bourefoois

Ou dt; CorinHio, ou tl(; .Mcgaio,

Toi (|ui possèdes lo talent

Do parier lieauroup sans rien dire,

Toi (|ui moilules savainnient

Dos vers (|uc personne n'entcnu,

Et qu'il faut pourtant qu'on aduiirc!

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faul [);is oublier l'iinporLance do ces l'ôlcs patriotiques et religieuses qui réunissaient toute la famille grecque. Elles suspendaient les guerres intestines ; les f^uerres étrangères, môme les plus terribles, n'en arrêtaient pas la célébration. Hérodote décrit avec complaisance l'étonnement des Perses, quand ils apprirent que les Grecs, après la bataille des Tliermopyles et avant celle de Salamine, au moment où l'indépendance de la patrie était enjeu, assistaient paisiblement aux jeux olympiques, où Ton se disputait une branche de laurier. La lutte était acharnée, la victoire glorieuse, et rhonneur en rejaillissait non seulement sur Tatlilète , mais sur sa famille et sa patrie. Les vainqueurs de ces courses de chars n'étaient pas, comme le dit Voltaire, quelques bourgeois de Corinthe ou de Mégare, c'étaient souvent des rois, tels que Hiéron de Syracuse et Arcésilas de Cyrène, souvent des citoyens nobles et illustres. Leur retour dans la ville natale était un véritable triomphe. Ils y rentraient précédés et suivis d'un cortège nombreux, vêtus d'une robe de pourpre, quelquefois sur un char à deux ou quatre chevaux, et par une brèche pratiquée dans les murs de la ville. L'ode commandéô à un des poètes en renom devait être ^digne de ces honneurs, et c'était là un stimulant pour le génie.

Caractère des odes de Pindare. — Sans doute des éloges faits sur commande sont souvent une tâche ingrate ; les hommes se lassent plus vite de la louange que de la satire, et^il est difficile qu'un recueil de cette sorte excite toujours un vif intérêt. Mais il faut reconnaître que Pindare s'est tiré avec beaucoup d'art de cette difficulté, et qu'il a su agrandir ^p^ sujets^ sans qu'on ait le droit de l'accuser d'en être sorti.

Les épisodes. — En effet ce qu'on oublie trop

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lorsqu'on se récrio sur les longues digressions de Pindare, c'est que son programme ne comprenait pas seulement reloue du vain(|ucur. Nous avons vu que s^i victoire était surtout celle de sa ville natale. Le poêle appelé « pour abreuver le vain({ueur de la douce rosée dés libations poétiques ». était donc tenu de célébrer la gloire de sa patrie plus encore (jue celle du héros.

De plus, quand le vainqueur appartenait à une famille connue dans la Grèce, .SiL^^liiixi) honorait oji^ sjes ancêtres. On devait donc les convoquer ii ces fôtes. Le nom du héros grandissait de toutes les belles actions de ses aïeux, et ceux-ci recevaient un nouvel éclat de la victoire de leur petit-fils. J.e poète consa- ^crait par ses vers cette nomnmnication de la gloire entre les membres d'une même famille. « L'usage donne aux morts une portion de souvenir. La poussière ne couvre pas les glorieuses actions des proches. »

Entin ces jeux étaient des fôtes Religieuses ; l'ode qui les chantait devait aussi reproduire ce caractère. Elle contenait quelquefois un remerciement, quelquefois une prière en vue d'autres triomphes. Par suite de cette môme inspiration, l'éloge tournait souvent h la leçon morale. Et cette prédication ne restait pas longtemps dans les généralités; elle se traduisait en une leçon vivante par l'exemple de quelque héros ou de quelque dieu.

C'est ainsi que, dans la poésie de Pindare, l'épisode, comme on l'appelle, devient souvent le sujet principal. La Grèce aurait trouvé peu convenable de remplir toute une ode des louanges d'un homme, elle qui n'accorda souvent à ses héros que des statues qui ne reproduisaient pas les traits des personnes, elle qui, dans ses oraisons funèbres, louait le peuple et l'armée ^ans prononcer le nom d'aucun général ni d'aucun •soldat. PindarechanLehis (li(>nv, les ancêtres, la patrie:

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