Néméeiuies
TriSToiuK ru: r. \ mttkiutihk r.ni:c.nrK 111
pourra plus dire, c'est un pourceau de la BéoLie. » il se décerne luimêrTie rinimortaiité : « Il éliive un monument que ni les pluies impétueuses de l'hiver, ni les afl'reux bataillons des nuées tonnantes, ni les vents n'entraîneront par leur choc dans le gouffre des mers au milieu de mille débris. » Au légitime orgueil de ces passages que tous les poètes ont imités, il faut joindre son insultant dédain pour ses rivaux. Il se compare à « l'aigle qui s'élève dans les airs, étreignant dans ses serres une proie sanglante, tandis que les geais criards passent dans les lieux bas. »
Pureté du sentiment religieux. — Avec l'amour de la gloire, l'élévation et la pureté du sentiment religieux QsLle principe et comme l'ilmc de sa morale. Il encourage chez ses concitoyens ce besoin d'action et de renommée qui se signalait dans les jeux h défaut d'un autre théâtre. L^mulation excitée par ces couronnes se reportait ensuite sur un objet plus grand et plus sérieux. C'est parce cfuo chaque citoyen voulait se distinguer dans sa ville, et chaque ville dans la Grèce, que la Grèce entière s'accoutume à se considérer comme supérieure aux Barbares et qu'elle peut leur résister et les vaincre. Sans doute, la vie est peu de chose, tous les biens de celte vie sont môles de maux ; telle est la puissance capricieuse du destin qu'on ne peut dire d'un homme qu'il est heureux avant sa mort. Notre vie elle-même qu'est-elle ? « Nous vivons un jour. (Jn'est-ce être ou ne pas être? Le rêve d'une ombre, voilà l'homme. » Mais c'est par la 2.1 pire que se relève cet être misérable : la vie n'est rien, donc travaillons pour la gloire. Elle récompense l'homme de bien, protège son nom, et le sauve de l'oubli avec l'aide de la poésie.
Ce n'est pas que Pindare ignore ou négli<;'e une autre consécration plus solide de la vertu. Chez lui
142 iriSToiiu; r)K r.\ r.i riYi; \ ifiu: r.iu:c.oi'i;
nous sommes loin dos concopUons r(;li;;i(!iis(!s d'Ifnm^ro. Non s(;nl(;mcni il Lransforme les dieux de V Iliade, il les dépouille de leurs passions Tn?Li]vais(";j et ne veut pas qu'on parle d(! di(;u\- niéclianis et de déesses impudiques. « L'homme, dit-il. ne doit rien publier que de beau surlos dieux. » Mais, à côté des dieux homériques, il semble s'élever à la notion d un Dieu unique et supérieur, et il parle de la puissance divine en un langage digne de la F^Jible : « Dieu règle à son gré tous les événements, pieu qui suit môme le vol de l'aigle, qui devance le dauphin des mers, qui courbe plus d'un front superl)e, tandis qu'il donne à d'autres une gloire toujours jeune ^ . » Q.'^est lui qui accorde aux hommes tous les biens dont ils jouissent, les richesses, la gloire, et surtout les faveurs secrètes de la Muse. lia composé l'homme de deux parties, « un corps qui sera un jour emporté par la mort, une âme qui doit toujours subsister, car elle vient des dieux. » Dieu connaît tout ce qui se fait dans le monde ; « si un homme se flatte de lui cacher une seule de ses actions, il s'abuse. »
Parvenu au terme de la vie mortelle, l'homme est soumis à un jugement ; le méchant descend dans les ténèbres pour expier ses crimes, mais
...ceux qui ont eu la force de maintenir leur vie pure de toute injustice, se rendent par la voie de Zeus (Jupiter) vers la demeure fortifiée de Kronos (Saturne). Là est l'île des bienheureux que rafraîchissent les brises océaniennes ; là brillent des fleurs, filles de la terre, nées sur des arbres charmants; l'onde en nourrit d'autres. Leurs mains les tressent en guirlandes et en couronnes par les équitables jugements de Rhadamante. Le puissant Kronos l'a près de lui comme un assesseur toujours prêt, Kronos, époux de Rhéa, dont le trône s'élève au-dessus de tous les autres. Parmi eux sont comptés