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rnùme tornps ({ii'il devonail dans la Ira^/idift le rival des poètes aUH''ni<;ns tcîls que IMirynichiis et Ch/îriliis, son conlerriporain, il iuia^iiiail", (list'iil les critiques anciens, le drame satyriquo. C'était une réponse aux réclamations des vieillards : pour ca][nf!r l(;nrs sf^rupules r(;li- ^ieux, on imagina une action qui, parle f'araf:tère des événements, se rapprochait beaucoup de la tragédie, mais qui, par la nature des divinités dont se composait nécessairement le chœur, les satyres, ministres de Bacchus, mêlait à ce fond trafique un élément d<' comédie boufl'onneet licencieuse.
Nous retrouverons plus tard le drame satyrique, composition étrange que la Grèce seule a connue. Sa création donna peut-être plus de liberté aux giands poètes, qui achevèrent de constituer la tragédie par 1 introduction d'un second, puisd^un troisième acteur. 2, Eschyle fixa réellement le dialogue en produisant à ^ la fois deux personnages distincts du chœur. Sophoçie^alla plus loin, et donna place à un troisième îicteur parlant avec les deux premiers. Il put y avoir avec eux des personnages muets, niais jamais le théâtre athénien, ami de la clarté, n'a admis dans une même scène la confusion de quatre rôles actifs. C'est la loi que trace encore, beaucoup plus tard, le poète romain Horace : « Qu'un quatrième acteur ne se travaille pas à parler '. »
C'est ainsi que la tragédie grecque reçoit de son origine même et des poètes qui l'ont formée. Thespis, PhrynichMs. Eschyle. Sophocle, les caractères qu'elle conserva toujours et qui la distinguent sensiblement du théâtre moderne. Le chœur, d'où elle est sortie. et qui en est d'abord la partie principale, v garde toujours une place importante. On n'aurait pu le supprimer sans ôter à ces représentations brillantes
' i . Nec qiiarta loqiii persona laborot. [Ep. aux Pisons, v.i92.)
HTSTOTRF. hV. LA LITTÉRATURE ORErOUF. 1 G3
leur véritable raison d'être. Elles sont données à roccasion des grandes fôtes religieuses de Bacchus ; le chœur cst'cncorcj un fil qui, môme chez T^uripide, le poète incrédule, les rattache ;\ ces solennités.
Rôle du chœur. — Le chœur, dans la tragédie grecque, a donc pour principal rôle d^ chanter et de danser. pLmdant les intervalles de Taction. autour de la thymélé (pii s'élévé au milieu de l'orchestre et qui rappelle l'ancien autel du sacrifice '. Les chants sont. en général le commentaire des événements qui se passent sous ses yeux et comme l'interprétation poétique et morale des sentiments qu'excite, chez les spectateurs, le développement des vertus, des passions, des infortunes des personnages. Ouelquelois aussi. la chœur prend la parole au milieu mônie des incidents de Faction ; il est alors comme un nouvcd Mpfnnr et il est représenté dans ce rôle par son chef, le CHirplIZS^., qui parle et qui répond au nom de tous les choristes.
Caractères de la tragédie grecque, — Ce rôle du chœur fait pressentir déjà les différences très sensibles qui distinguent la tragédie grecque de la tragédie moderne.
Action. — D'abord, vu l'importance des chants et de» danses, il est naturel que l'action ait chez les Grecs moins d'étendue que chez les modernes. Au reste, nous le verrons, cette étendue varie suivant les poètes, et, depuis Eschyle jusqu'à Euripide, elle tend toujours, h s'accroître aux dépens du chd^ur.
Par suite de la présence continuelle des chœurs, notre division en actes séparés par des entr'actes n'existe pas sur le théâtre d'Athènes. L'action est
1. \a\ tlii/mélê osl l;nil(U un UKmuiiK'nt riiiit'ln-c. laiihM iiik It'irajîse ff.irnie d'autelri.
\i)i iiismiiu: di: i.\ i.iri i'.iî \tiiu; i.hi.'.oii
cependant (^oud.'m; par les eliarils du cUd'Aiv. Celui-ei n'arrive, en ^cnuMMl, qu'après nne première partie de la tragédie, qu'Aristote appelle jryro/o^^^c' ' et (jui correspond ;i notre exposition. Au pr^;l'>;^"<' siiiL^iMi' répisode ou les épisodes. c'est-à-dii-e le développement de ra('tion, ce que nous appehjns Vininfjna, Aucune règle fixe n'existe pour le nombre des épisodes, qui sont iàéparés les uns des autres piic lc> <;haiils du cluenr : leur étendue varie également selon l'importance de l'action. Te drame s<-. tp.rmine nar T^' 'a^^^^^ qui est notre dénouement et fini n'est jamais suivi d un chant chorique'^
Unités. — Quant aux unités de lieu et do' temps, dont on a fait au xvu'' siècle, d'après les prétendues lois de rantiquité, la condition nécessaire de notre théâtre, les pièces des vieux poètes tragiques grecs ■prouvent par plus d'un exemple qu'ils n'y ont jamais été rigoureusement astreints. C'est ainsi que, dans les Euménides d'Eschyle, l'action est transportée du sanctuaire de Delphes au temple de Minerve sur l'Acropoe. |.oh-.^^.hMn^P.donc. et il faut supposer, entre le proh»gue qui se passe à Delphes et les épisodes dont Athènes est le théâtre, un intervalle de plus de vingt-qualre heures. L'examen de la tragédie dJAgamemnon est aussi concluant contre la règle de Tunité de temps. Cependant la. t.rp^^édie grecque, qui cherche l'intérêt daris le développement pH. InttR des nassioni^ plus que dans le mouvement extérieur, attache peu q^importançe au ph;.no;pmP.nt de lieu et n'en a pas souvent besom. Souvent aussi, l'action peut s'accomplir dans la hmite même des heures nécessaires à la représentation.
1 Aristote, Poétique. « Le prologue est une partie distinct.delà tragédie, elle va jiisqii a l'arrivée du chœur. ..
2 Aristote, ihid. «L'exode est une partie aistmcte de la tidgédie après laquelle il n'y a pas de chant du chœur. )'
HISTOIHK l)i: LA LITTÉHATl RK (illKCOrK 16')
Décorations et machines. — Les changements de lieu nécessaires se font d'ailleurs comme nos changements à vue, sans que la représentation soit interrompue par un entr'acte, sans que la scène soit cachée par une toile. Aux coins de la scène sont placées des machines appelées j^ériactes^ qui ont la forme d'un prisme trigone, et qui, par un tour imprimé rapidement, peuvent montrer une facedifférenle et amener un changement de décoration. C'est ainsi que, dans les Euménides, le temple de Delphes devenait, après le prologue, le temple de l'Acropole. Oiiand Taclion supposait plusieurs lieux rapprochés l'un de l'autre, la scène les comprenait tous. Ainsi dans YAjax de Sophocle, le camp des Grecs occupe la gauche de la scène ; la tente d'Ajax qui le termine s'élève au milieu ; à droite s'étend une foret avec une échappée sur la mer. L'action se passe tantôt en avant du camp, tantôt dans la tente du héros, tantôt dans la forêt, car c'est là qu'Ajax se donne la mort. Quand il est nécessaire que l'intérieur de la tente soit visible aux spectateurs, qu'Ajax apparaisse au milieu des troupeaux qu'il a massacrés, plongé dans une sombre mélancolie, et honteux de son égarement, des machines qu'on roulait ou que l'on poussait faisaient brusquement avancer la tente et l'ouvraient aux regards du public ; plus tard un mouvement rapide la faisait disparaître. C'est ainsi que l'intérieur du palais d'Agamemnon devenait visible pour montrer Glytemnestre, l'épée à la main, debout sur les cadavres d'Agamemnon et de Cassandre.
Ces détails, nécessaires à l'intelligence complète de la tragédie grecque, nous conduisent à d'autres explications relatives à la disposition générale du théâtre d'Athènes, à l'appareil scénique et aux acteurs.
Le théâtre d'Athènes. — Môme au temps où la
[.r.v^dd'w, ii'('l-»il. qu'un ynnj.lc. c.h;LiiL (lilllvnuiil>iaUO, l;! rcprés(jnl.aion exiueail une oslradc;. Horace, que lioileaiia Lradiiil, s'csL donc trorrifx'; lorsqu'il montre le chariot de Thespis promenant dans les hourgs de rAtti(iue la tragédie à sa naissance. Nous verrons que ces détails doivent ôtre rapportés à l'enfance de la comédie ^
Le premier théâtre d'Athènes lut en bois ; mais, en 500, les échal'auda^^es dressés pour le peuple s'étant écroulés, on commença la construction d'un théâtre de pierre sur le côté méridional de l'Acropole : ce lut |p ]}](^^\vn ri P. RMcchns qui put contenir jusqu'à trente mille spectateurs. En effet, outre les vingt mille citoyens d'Athènes, les femmes, les enfants, les esclaves y étaient admis, et beaucoup d'étrangers accouraient à Athènes pour ces fêtes. On sait que ces représentations se donnaient le jour, et que les théâtres anciens étaient entièrement découverts.
Le théâtre de Bacchus, que des fouilles récente:, ont en partie remis au jour, comprenait, comme les autres théâtres qui bientôt s'élevèrent sur ce modèle dans les principales villes de la Grèce, trois parties distinctes : l'amphithéâtre, l'orchestre et la scène.
Amphithéâtre. — V amphithéâtre avait la forme d'un demi-cercle. Il se composait de gradins creusés