‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 7 sur 267 · CARACTERES GÉNÉRAUX DE LA LITTÉRATURE GRI^CQUE. DIVISIONS PHING'PALLS · texte numérisé non relu

CARACTERES GÉNÉRAUX DE LA LITTÉRATURE GRI^CQUE. DIVISIONS PHING'PALLS

Origine des Grecs. — Les Hellènes, que nous désignons, d'après les Romains, par le nora de Grecs, se croyaient autochtones , c'psi.-ri-dirp nt^s Hn sol mft.mft qu'ils habitaient, et ils avaient un grand doriain pour les nations clranuères qu'ils appelaient b a ri) ares. La science moderne a pourtant démontré qu'ils sont, comme tous les peuples indo-européens ou aryens^ originaires du centre de l'Asie : leurs ancêtres faisaient partie de ces grandes migrations qui, des vallées de I'Okus, se sont répandues dans la Perse, l'Asie Mineure et tout le continent de l'Europe, tandis que d'autres branches descendaient vers lés vallées de rindus, et s'établissaient dans la presqu'île du Gange. Ainsi les Grecs étaient parents de toutes ces populations asiatiques, avec lesquelles ils soutinrent la lutte fameuse qui remplit toute leur histoire, drame séculaire, dont les événements principaux sont la guerre de Troie et les guerres médiques, et qui a pour dénouement la conquête d'Alexandre.

Langue grecque. — La langue grecque, avec la langue latine, fait partie du système de langues qu'on appelle langues aryennes ou indo-européennes, et qui comprend cinq autres groupes : le sanscrit, le zend ou ancien perse, le germain, le celtique et le slave. Dès l'origine on y a distinaué trois idiomes ou dialectes parlés par trois familles d'Hellènes et portant leur nom, yêolien, \q d(jriai Ot V ion /'en.

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Dialecte éolien — Les /s'o lienH oc^upfercnt primitive m en l JnL Xiiilii>iLLLo . Après la guerre de Troie, ils émigrèrent dans le pays qu'ils appelèrent /{l'oiic, et ils envoyèront des colonies dans les iles et sur les côtes de la mer Égco. C'est donc dans ce pays que s'est lë^plus répandu l'éolien. Ce dialecte se rapproche plus que les autres du sanscrit ; il a aussi ,pour les fornries et les terminaisons des mots, de grands rapports avec la langue latine. Les poètes de l'île de Lesbos l'ont rendu célèbre.

Dialecte dorien — Les Dnricns étaient d'abord établis dans la Grèce centrale, dont une partie a gardé le nom de Doride. Après la guerre de Troie, ils attaquèrent et conquirent le Péloponèse, et se fixèrent dans la Laconie et la Messénie. Cette invasion est célèbre dans l'histoire sous le nom d'invasion ou retour des Héraclides. Gomme les Éoliens, ils envoyèrent des colonies en Asie Mineure, où ils s'établirent sur les côtes de la Garie et dans les îles voisines, Rhodes, Théra, Milos, Gos. Ils eurent aussi des établissements en Thrace, en Crète, en Italie, en Sicile, à Gorcyre, dans l'Adriatique. Le dialecte dorien a plus de force et d'ampleur que l'ionien ; il évite les consonnes sifflantes, il aime les sons ouverts, Ya y domine, c'est une langue sonore, musicale, mais un peu traînante et empâtée. Nous verrons qu'elle a élé adoptée pour une partie importante de la poésie lyrique.

Dialecte ionien. — Les Ioniens avec les Achéens, \\x\Q les traditions anciennes, comme les rapports de la langue, rattachent à la même famille, occupèrent d'abord l'Attique, le nord du Péloponèse, une partie de l'île d'Eubée et quelques Lyclades. Lhassés du Péloponèse par l'invasion dorienne, ils se retirèrent chez leurs frères de l'Attique, et, de là, une grande partie de cette

population alla s'établir sur les côtes centrales de l'Asie Mineure, dans le pays qui prit alors le nom d'ioiiie et auquel il faut joindre les îles voisines, telles que Ghio et Samos. Les Ioniens eurent aussi des établissements en Sicile et dans la Grande-Grèce.

Le dialecte ionien a pour caractères radoucissement des consonnes et de la sonorité des voyelles ; il n'aime pas les aspirations, les contractions ; il recherche les sons coulants et liquides.

Aujourd'hui les grammairiens tendent à distinguer trois variétés dans le dialecte ionien : l" Le vieil ionien ou dialecte épique ou homérique, parce que les poèmes d'Homère et d'Hésiode sont les plus importants monuments qui nous en restent ; 2° l'ionien moderne, langue du poète Anacréon, de l'historien Hérodote, du médecin Hippocrate ; V le dialecte allique, qui est devenu, en réalité, par suite de la suprématie littéraire et politique d'Athènes, la langue grecque commune. Celle-ci diffère de l'attique par un petit nombre de formes qui ne sont qu'une altération du véritable et pur attique.

Tous les grands écrivains en prose et en vers de l'époque attique, sauf Hérodote et Hippocrate, ont employé la langue attique. Dans la période suivante, les historiens Polybe, Diodore, Plutarque, le géographe Strabon, le rhéteur Denys d'IIalicarnasse se servent de la langue dite commune. Mais quelques autres s'etforcent de conserver les formes du dialecte attique pur, et on les appelle pour cette raison atticistes ; les principaux sont l'historien Arrien, le rhéteur Lucien, le polygraphe Élien.

Caractères principaux de la littérature grecque. — LaGrèce, placée entre l'Asie et l'Europe, unit en elle et tempère les qualités littéraires de l'Orient et celles de l'Occident. Elle a la riche imagination, la sensibi- !ilé ^ivÇjl^s J)Oiètes orientaux ; elle a en môme temps la pureté et le goût qui semblent le privilège du génie

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o,.ci(lcnlal. Si on la comp.rp. avec la litK'.rature romaine, on trouve chez elle con.irie caraclères dislincUfs la vivacité, la passion, la ^rAce, l'esprit, lo sen i.nent ot h. noMPsnrïïrdTrTi.léal ; elle irM^TH ordre, Ja mscipline, la raison, la majesté un peu monotone des Latins. Sa lan,^ue riche, souple, a^ile, ailée comnrie 1 esprit t-rec, se prôte à toutes les hardiesses de la fantaisie et h rexpression de toutes les idées philosophiques, tandis que la langue latine, rigoureuse dans ses règles, forte et ample dans ses périodes, éminemment propre à l'éloquence, repousse les élans de l imagination et n'a pas de mots pour les spéculations de a métaphysique- La grandeur romaine touchera quelquefois à la solennité et à la froideur ; la vivacité grecque n^échappera pas à la subtilité, à la loquacité, à l'oubli de la dignité et de la mesure, à l'abus de i esprit, à un amour intempérant de la discussion.

Divisions de la littérature grecque. — ^j^^z les Grecs, plus que chez tous les autres peuples, ..les divi,c;inns de la littérature .8liivfint exactement celles de rhistoire politique. La première période est marquée "" ,,r. .v..\.vpmpnt. civilisateur et reli;^ieux plutôt que poétique : c'est l'époque où les sociétés se fondent, ou les villes se bâtissent, où les lois s'établissent, ou les religions locales se fixent avec leurs dogmes, leur culte, leurs ministres, leurs fêtes régulières. Les poètes de cette époque ont avant tout le caractère de prophètes et de législateurs. D'ailleurs, .tout est légendaire dans leur histoire: leurs noms, toutes les circonstances de leur existence sont contestés ; les œuvres qu'on leur a longtemps attribuées sont reconnues aujourd hui apocryphes. Voilà pourquoi cette première période est généralement appelée /»moc?e 77iythiqueK

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