Horace, Ep. aux Pisons, v
SpectatùP functusque sacris et potus etexlex.
«* Le spectateur sortant du festin du sacrifice trouhlé par le viu. ..
2*10 iiisioiiii; i)i: i.\ f.i r ii'n \i( lu; t.nn.(jii:
prologues de Plaiito; mais le peuple d'Athènes était plus (h'iicat que C(;]ui de Home. D'ailleurs Kschyle et Sophocle u'out pas eu recours aux prologues; Euripide lui-môme, dans un grand nombre de tragédies, s'en est passé. On a dit aussi que les anciens cherchaient moins que nous dans la tragédie le plaisir de la surprise, qu'ils connaissaient d'avance tous les sujets traités par le poète, et que, pour eux, l'intérêt dramatique reposait avant tout sur le développement des caractères et la lutte des passions. iMais, à ce point de vue môme, quel est l'avantage de ces prologues postiches qui détruisent à plaisir les proportions et la beauté de l'ensemble ? On est tenté de n'y voir que le désir de mieux décrier les dieux du paganisme, Yénus, par exemple, dans le prologue que nous venons d'analyser, Apollon et la Mort qui, dans le prologue d'A/cesle, se disputent la vie de la malheureuse épouse d'Admète, Neptune et Minerve qui, dans les Troyennes, se réconcilient généreusement et se font de mutuelles concessions aux dépens des vaincus et des vainqueurs.
Dénouements. — Plus fréquemment encore Euripide a employé, pour dénouer ses pièces, le ressort commode et souvent dérisoire de l'intervention des dieux. Le théâtre de Sophocle nous fournit un exemple de ces dénouements par machine ; pour vaincre l'opiniâtre résistance de Philoctète, Hercule apparaît et ordonne à son vieil ami de partir. Mais, nous l'avons dit, cette intervention d'un dieu est une belle inspiration de l'art : c'est un dernier trait qui achève la peinture du caractère de Philoctète ; rien que la volonté divine n'aura raison de cette obstination que d'horribles souffrances, que la perspective de la guérison et de la gloire, que les prières de Néoptolème, que la nécessité où sont les Atrides et Ulysse
d'implorer leur ennemi ont laissée toujours inflexible. Mais cette exception même condamne les dénouements d'Euripide, qui ne sont qu'un moyen trop facile de sortir d'embarras. Sur seize tragédies que nous avons conservées de ce poète \ neul se dénouent par ce moyen. Nous n'avons pas besoin de rappeler l'intervention miraculeuse de Diane dans Iphigénie à, Aulis ; ici au moins le poète se conformait à une tradition. Mais, dans Iphigénie en Tmiride, c'est encore Minerve qui dénoue la pièce en arrêtant la poursuite du roi ïhoas ; c'est Minerve qui démêle l'intrigue si embrouillée de l'/o/z, en calmant la jalousie de Creuse et en lui révélant son propre fils dans cet enfant qu'elle veut faire périr; dans VHippolyte, il faut que Diane apparaisse pour que l'aveugle Thésée reconnaisse Tinnocence de son fils et déplore son emportement; didJi^ V Electre, Iq?> Dioscures arrivent après le meurtre d'Egislhe et de Glytemnestre, et, non sans qualifier d'insensé Toracle d'Apollon, ils protègent les meurtriers contre l'indignation du chœur. Dans Oreste, Apollon intervient lui-même pour sauver le frère et la sœur, condamnés à mort par le peuple d'Argos, et il ménage un mariage entre Oreste et Hermione, la fille de Ménélas. UAndromaque se termine aussi par Tapparition deThétis, qui console ie vieux Pelée, le père de leur commun fils Achille, de la mort de Pyrrhus assassiné à Delphes par Oreste. Dans les Suppliantes, Thésée a fait la guerre aux Thébains pour assurer les honneurs funèbres aux restes des Sept chefs tombés devant Thèbes ; mais là encore le dénouement est achevé par l'apparition de Minerve, qui recommande au roi d'Athènes d'ensevelir sur le territoire de son pays les ossements des chefs argiens.