‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 86 sur 267 · iiisKtmi- i»i; i.\ i.ii ikii \ 1 1 lu; (.hi;«.ni i · texte numérisé non relu

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I)li en Sicile vors48S,()t, qiioif|iies années après. à Syracijsri aiiprcîs du roi lliéron. La licence do la comédie politique n'était pas possible dans les pays doriens où l'aristocratie avait gardé le pou\oir et maintenu le respect des majiistrats et des hommes publics. Le i^^ouvcrnemonl de Gélon et d'iliéron, si libéral qu'il lût, ne pouvait, en vertu de son principe même, admettre les réflexions satiriques sur la conduite des grands ou sur la marche des aflaircs; mais en matière de religion les poètes avaient pleine licence. Le philosophe Epicharme, élève des Pythagoriciens, ardent ennemi des vieilles légendes mythologiques, fit de la comédie une école d'incrédulité audacieuse. Tous les dieux chantés par Homère, adorés par la foi naïve des anciens âges, paraissaient sur la scène, grotesquement parodiés : « Jupiter est un gourmand obèse, qui paie son écot par des quolibets. Minerve est une musicienne de carrefour qui fait danser à Castor et Pollux quelque pyrrhique obscène ; Vulcain, avec son bonnet pointu et son habit bigarré, est le bouUon, l'arlequin de la troupe; Hercule en est le Gilles avec sa gloutonnerie bestiale ^ »

D'ailleurs la philosophie, ennemie des dieux du paganisme, n'est pas respectée davantage. « Pas une spéculation chimérique de l'école d'Élée qui ne soit aussi parodiée sur la scène de Syracuse par un implacable bon sens. Xénophane y paraîtra prêchant son être insaississable, Pylhagore exposant à des goinfres son système d'abstinence, Heraclite s'enveloppant dans ses brouillards, la Métaphysique en personne discutant, sur un ton moitié sérieux moitié, bouffon, les thèses ardues de l'école-. »

1. Ch. Benoit. LriH»ii d'ouverture du Cours supplémentaire de littérature grecque a la Faculté des lettres de Paris, 19 avril 1849.

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