Ch. Beîioit, ibidem
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Mais ces parodies ne faisaient pas tout le mérite d'Épicharme. Il s'appliqua aussi à peindre les mœurs contemporaines, à représenter les vices et les ridicules de la vie privée, et il commença par ces essais la comédie de caractère. Après sa mort et celle de ses disciples immédiats, la comédie philosophique disparut du théâtre de Syracuse ; mais les Siciliens montrèrent toujours un goût particulier pour la comédie de mœurs, ou plutôt pour ces petites scènes d'intérieur que nous retrouverons plus tard désignées sous le nom de mimes ^ et dont quelques idylles deThéocrite nous donnent une image.
Comédie politique ou ancienne à Athènes . — Le théâtre d'Épicharme exerça sur la comédie athénienne une influence incontestable; cependant le caractère dominant de cette comédie, telle qu'elle fut constituée par trois grands poètes, Gratinus, Eupolis et Aristophane, est tout différent. A Athènes seulement, au milieu de cette démocratie mobile et ardente, prompte à oublier les services de ses plus grands hommes et à se fatiguer de l'admiration et du respect, brûlant aujourd'hui ce qu'elle adorait hier, aimant à rire aux dépens de ses amis comme de ses ennemis, souvent emportée et violente quand ses flatteurs excitaient ses mauvaises passions, mais débonnaire à ses heures et souffrant volontiers qu'on la mît elle-même en scène avec ses défauts et ses vices, pourvu que la caricature fût spirituelle ; â Athènes seulement pouvait s'établir cette satire personnelle ou plutôt cette diffamation violente des hommes, des magistrats, du gouvernement, qu'on appelle la comédie ancienne.
Cratinus. — Cratinus et Eupolis ne nous sont connus que par de courts fragments de leurs œuvres et surtout par les témoignages des anciens. Gratinus est contem-
norain (lesmieiTCs médiquos ; mais sa longue vieillesse le conduisit jusque vers la lin de la première période de la L^Jcrre du Péloponèse, et il vit la toute-puissance de Périclès, qu'il ne crai^mit pas d'attaquer sur la ..?>np T.M.-nm/ulie. à Doiue sortie du dévergondage et de l'etironterie des processions du comos, avait chez lui une crudité dont l'extrême licence des pièces d Arislophane ne saurait donner une idée. Les personnes y étaient bafouées avec une hardiesse que ne tempérait aucun égard. La verve fantastique du vieux poète depassait aussi, d'après ce qu'on en rapporte, les inventions les plus étranges que nous rencontrerons dans le théâtre d'Aristophane.
Eupolis. — Eupolis, contemporc^j" <'t t-ivMl d'Aristophane, n'avait ni moins de verve ni moins de violence. Attaché à la sage constitution de Solon, admirateur des hommes simples et purs dont le caractère indépendant et ferme avait tant contribué au succès des guerres médiques, il s'alarmait du changement des mœurs, des atteintes successives portées aux lois de Solon des progrès d'une démocratie que ses chefs, devenus'ses complaisants et ses flatteurs, précipitaient dans la licence. Il s'élevait avec une extrême amertume contre les nouvelles tendances, et il démasquait hardiment les vices et les vues intéressées des jeunes favoris de la multitude.
Les concours et les chœurs de comédie. - La comédie n'avait eu d'abord aucun caractère officiel. Llle n'était pas l'objet d'un concours; l'archonte ne donnait pas un chœur aux poètes. A quelle époque iutelle introduite au théâtre de Bacchus, et admise , comme la tragédie et le drame satyrique, à disputer des prix. Les critiques anciens eux-mêmes ne peuvent repondre à cette question. iNous savons seulement qu'elle jouis-
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sait des mêmes droits que ses sœurs aînées avant lo commencement du pouvoir de Périclès. Celui-ci, devenu le chef réel de la démocratie athénienne, obtint momentanément la suppression des représentations comiques, dont la verve audacieuse et souvenf risquée pouvait inquiéter son goût comme sa politique. Mais la comédie fut réclamée, et reparut après trois ans. 11 paraît toutefois que les poètes comiques ne purent obtenir de chœurs avant Fâge de trente ans, d'autres disent avant quarante ans. En outre les femmes et les enfants furent rigoureusement exclus dp. pps rppr<^.sp,n^ tations, où les obscénités, tradition de la comédie des campagnes, abondèrent toujours à côté de beautés de premier ordre.
Malgré la perte des œuvres de Gratinus et d'Eupolis, les onze comédies conservées d'Aristophane suffisent amplement pour faire apprécier à ceux qui peuvent les lire et les mérites supérieurs et aussi les côtés cyniques de cette comédie, que plus tard on désigna par le nom d'ancienne pour la distinguer de celles qui lui succédèrent.