Parabase, v. 68o et suiv
2. Un des plus célèbres sophistes du temps. Les philosophes d'alors recherchaient la nature des choses. Dans les Nuées, Socrate paraît dans un panier entre ciel et terre et s'occupe des phénomènes célestes.
iiiraires, au commerce, au soin de* votre subsistance, au mariage. Puis vous appelez du nom de l'oiseau tout ce qui vous dévoile l'avenir : un bruit est pour vous un augure; un éternuement vous l'appelez augure; une rencontre, c'est un augure; une voix, c'est un augure ; un esclave, un âne, c'est un augure. N'est-il pas très évident que nous sommes pour vous Apollon, le dieu des oracles?
On trouvera dans notre Recueil d'extraits des auteurs grecs une autre belle parabase, celle des Guêpes^ mélange merveilleux de grandeur et de verve bouffonne.
De tels morceaux, malgré l'impuissance de la traduction, font comprendre le jugement de Quintilien : v^ Aristophane a non seulement le sel, mais la grâce attique. » Ils expliquent l'admiration d'hommes tels que Platon et saint Jean Ghrysostome, dont le génie semble tout opposé à celui d'Aristophane. Les qualités exquises du poète les ont rendus indulgents pour les basses et dégoûtantes bouffonneries, pour le cynisme effronté qui déparent ses pièces. On peut dire en effet de lui ce que la Bruyère a dit de Rabelais : « Là où il est mauvais, il va bien au delà du pire, c'est le charme de la canaille. » Mais les romans de Rabelais se lisent; les comédies d'Aristophane étaient jouées en pubHc. Sans doute les femmes n'assistaient pas à ces représentations ; mais, pour que les hommes mêmes aient pu les supporter, quelle dépravation de mœurs, quelle absence de toute pudeur il faut supposer chez ce peuple si bien doué! L'honnête Plutarque ne contient pas son indignation, et elle l'a empêché de voir les beautés supérieures de ces œuvres étranges. Aristophane doit à lui-même tout ce qu'il a d'exquis et de grand; il doit aux traditions de la comédie grecque et au goût de la populace athénienne ce qu'il a de répugnant et d'ignoble.