‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 114 sur 156 · ARRIEN, APPIEN, PAUSANIAS · texte numérisé non relu

ARRIEN, APPIEN, PAUSANIAS

O^inte-Ource. Le ètyle, s'il ne reproduit pas la grâce et la couleur de Xénophon, est pur et correct.

fi faut aussi mentionner le traité Sur Clnde% résumé de la science d'alors sur ce pays, écrit en dialecte ionien d'Hérodote. Les anciens sont donc devenus classiques, puisqu'on les imite, et il y a chez Arrien une vraie manie d'imitation littéraire (1).

Appien. — Contemporain d'Arrien, Appien est comme lui un fonctionnaire qui vers la fin de sa vie emploie ses loisirs et son expérience à se faire une réputation d'historien. Avocat, d'abord à Alexandrie sa patrie, puis à Rome, enfin procurateur impérial, il écrivit vers 161 une Histoire romaine dont il reste environ la moitié.

Au lieu de raconter les faits année par année, Appien considère chaque peuple isolément dans ses rapports avec Rome, et il écrit autant d'histoires particulières, méthode facile, mais avec laquelle il ne peut nous faire assister au développement de la puissance romaine. Historien politique, homme intelligent, instruit des affaires, et ennemi de la rhétorique, Appien appartient à l'école de Polybe sans avoir sa profondeur; les livres de son Histoire qui traitent de l'Italie et des guerres civiles sont les plus importants. Son style, clair et agréable, est moins pur que celui d' Arrien.

Pausanias. — A côté d'Appien et d'Arrien, Pausanias est l'auteur d'une Description de la Grèce écrite en Asie vers 173. Pausanias a le style sec, et il manque d'émotion devant les chefs-d'œuvre de l'art ou de la nature; il omet aussi bien des choses utiles et ne paraît guère s'être livré dans ses voyages ou dans son cabinet de travail à des recherches personnelles. Mais par les renseignements que seul il nous apporte

(1) Arrien est encore ceanu par le PéHpit eu P**l-Euxin et par deux petits traités sur la Tactique et la Chasse; il avait écrit d'autre* ouvrages historiques dout nous n'avons que des fragments.

sur la mythologie, la topographie, les monuments ae la Grèce, il reste très utile aux historiens et aux archéologues.

Marc-Aurèle. — Arrien, Appien, Pausanias ont vécu jusque sous le règne de Marc-Aurèle, empereur de 161 à 180. Ce prince lui-même a sa place dans toute Histoire des lettres grecques, car il est le modèle le plus saisissant de la philosophie stoïcienne de l'époque romaine. Habitué de bonne heure à cette philosophie qu'il voyait pratiquer dans sa propre famille et dans celle d'Antonin le Pieux son père adoptif, il donna sur le trône d'éclatants exemples de vertu, et c'est pendant cette période de sa vie qu'il écrivit en grec un journal de ses Pensées. Le style en est rude et irrégulier; mais ici le fond importe plus que la forme, et il nous montre un stoïcisme moins altier que celui d'Épictète : Marc-Aurèle est plus tendre et plus affectueux, et sa morale, tout en restant très élevée et très scrupuleuse, paraît plus pratique et plus humaine. Écoutons-le rendre hommage aux vertus de ses parents :

Mon aïeul Vérus : sa douceur, sa patience. — Gloire et réputation de mon père: son âme modeste et virile. — Ma mère : sa piété, sa générosité ; abstention non seulement de tout acte, mais de toute pensée mauvaise. Et puis, frugalité de vie bien éloignée des habitudes des riches (i) 1

Ailleurs il écrit.cette belle méditation sur le devoir :

Le matin, quand tu as de la peine à te lever, vite dis-toi ceci: C'est pour accomplir ma tâche d'homme que je me lève ; faut-il donc être de mauvaise humeur, s'il est vrai que je vais faire ce pour quoi je suis né et ce qui est la raison de ma venue en ce monde ? Suis-je créé pour rester chaudement dans mes Couvertures? — Mais c'est, plus agréable. — L'agréable est-il donc le but de la vie, et n'est-ce pas, bien au contraire, l'action, l'énergie? Ne vois-tu pas les plantes, les petits oiseaux, les fourmis, les araignées, les abeilles, accomplir chacune leur

(i) Marc-Aurèle, Pensées, I, 1, S. 3. Tiaductiou nouvelle.

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