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LES PÈRES DE L'ÉGLISE : SAINT ATHANASB

pourvu d'éloquence et qui se rattache à la tradition origéniste du 111e siècle ; il faut en parler ici même, mais sans le compter parmi les « Pères de l'Église ». Ses ouvrages, riches de faits et de lectures, ne brillentpasparle charme du style : le plus important, Y Histoire ecclésiastique, qui s'étend jusqu'à Tan 828 (date de la victoire de Constantin sur Licinius), lui a valu le nom de « Père de l'histoire ecclésiastique » ; la Préparation à l'Évangile, où il confond le paganisme au nom de la raison, est complétée parla Démonstration de V Evangile, où il établit l'accord des faits évangéliques avec les prophéties de l'Ancien Testa ment.

Saint Athanase. — Eusèbe n'avait pas accepté sans résistances les décisions du concile de Nicée (325) qui condamnaient l'hérésie d'Arius (1). Au contraire, sa bit Athanase, né vers 205 à Alexandrie où il mourut en 373, en est le défenseur le plus ardent. Simple diacre, il combat l'hérésie dans le concile. Évêque d'Alexandrie (328), il travaille plus que jamais à établir l'unité religieuse ; les persécutions, les sentences d'exil ne viennent pas à bout de son courage, et peu d'hommes ont eu plus d'influence, par l'exemple et par les résultats obtenus, sur les destinées de la religion chrétienne.

La plupart de ses écrits sont consacrés à la lutte contre l'arianisme; d'autres combattent le polythéisme, La sévère exactitude du langage, chez ce génie précis et impérieux, ne le laisse pas atteindre l'éloquence des autres Pères du ive siècle, mais il est leur maître par la rigueur juridique de sa polémique et par la fermeté de l'âme.

Saint Basile. — Saint Basile est, avec saint

(1) Arius disait que le Kils n'était pas de la même substance (£|Ao»ù<riof) que le Pire, mais dt> substance semblable (o|xqioû<rio<), et simplement supérieur à l'humanité- Le concile proclama le Fil* consubslantiel h *oo Fè~e (ô;j.oaù«i»< *ç

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Jean Chrysostome, le plus illustre des Pères de l'Église grecque. Avec saint Grégoire de Nazianze son ami, et saint Grégoire de Nysse son jeune frère, il forme un groupe remarquable par la science et le talent, et qui honore la province de Gappadoce dont ils sont tous trois originaires.

Né vers 330 d'une riche et ancienne famille chrétienne à Gésarée, Basile étudie l'éloquence dans sa patrie, puis à Constantinople et surtout à Athènes ; c'est à Athènes qu'il se lie d'amitié avec Grégoire de Nazianze, il y aperçoit le futur empereur Julien, il y suit les leçons d'Himérios et de Libanios. De retour en Cappadoce (355), il professe la rhétorique; puis (357-358) il visite la Syrie et l'Egypte où il étudie la vie monastique très florissante en ces pays. Il revient en Asie Mineure pour y vivre d'abord dans la retraite et propager là aussi la vie monastique, mais sous une forme et avec une règle un peu différentes. Ordonné prêtre en 364, évêque de Gésarée en 370, il meurt dans cette ville en 379.

Saint Basile a laissé de nombreux ouvrages. Ses traités dogmatiques Contre Eunomios et Sur le Saint- Esprit furent inspirés, le premier par la lutte contre l'arianisme, le second par la nécessité de se défendre lui-même contre des accusations d'hérésie. Ses écrits ascétiques, Règles développées et Règles abrégées, sont des instructions adressées aux moines. Un plus grand intérêt littéraire s'attache à ses Homélies et à ses Lettres.

Les trois cent soixante-cinq Lettres de saint Basile constituent, comme celles de Libanios et celles de Julien, un document de valeur pour l'histoire du iv* siècle, mais elles s'en distinguent par le naturel, par l'absence presque complète de la rhétorique du temps. Ge sont en outre les lettres d'un saint, dictées par la piété ou la charité, souvent écrites pour la protection de quelque faiblesse ou le soulagement de

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