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ORIGINES DE LA POÉSIE GRECQUE

rien de Cette poésie très ancienne : on se bornera ici à indiquer l'origine des légendes qui forment le fond de Y Iliade et de YQdyêsée, et à dire ce qu'étaient les premiers poètes épiques.

Les légendes troyennes en Asie. — Lorsque le Péloponnèse fut conquis parles Doriens, les premiers habitants, les Achéens, émigrant en masse, Furent suivis par les Ko liens et les Ioniens ; tous s'établirent sur les côtes et sur le continent asiatique (xnB-xie s.), emportant leurs traditions poétiques et religieuses et le souvenir des luttes de leurs ancêtres contre les peuplades occidentales de l'Asie-Mineure groupées autour de la ville d'Ilios ou Troie. Ces luttes entre les habitants de la Grèce continentale et ceux de la Troade, série d'hostilités prolongées, furent transfigurées par la poésie naissante en une expédition idéale que l'on appela, comme nous rappelons encore, la Guerre de Troie ; à la légende de la guerre s'ajouta celle des Retours, qui montrait les vainqueurs de Troie revenantdans leur patrie, ample matière à beaux récits et à légendes merveilleuses. La poésie, s'exerçant sur tous ces sujets, ne cessa d'accroître ce fonds si riche et si poétique qui allait donner naissance à l'épopée. Voyons maintenant de plus près les vieux poètes à l'œuvre.

Les aèdes. — Le poète alors est un aâde, c'est-àdire un chanteur; il parcourt villes et palais, comme fera le trouvère ou le troubadour de notre moyen âge: auteur et acteur, il fait entendre- sa poésie à l'issue des festins, chez les riches et les princes. Il joue de la cithare, instrument à cordes d'une grande simplicité, et il chante ; il prélude par quelques notes, mais son chant est plutôt une sorte de récitatif où la cithare ne soutient la voix que de loin en loin.

I je voici donc à la table d'un roi : après le repas du malin, il se lève, chante un héros, Achille ou Ul\ le soir, les convives lui demandent un second chant

célébrant quelque autre épisode dont les mêmes héros Bont encore les acteurs. Il est ainsi conduit à grouper entre elles plusieurs scènes ; il ne compose pas une épopée proprement dite, mais il est sur la voie qui conduit à l'épopée.

Ainsi firent les aèdes du xe siècle, principalement à Kymé et à Smyrne, colonies éoliennes d'Asie Mineure ; tel nous est représenté l'aède aveugle Dèmodocos au livre VIII de YOdyssée dans une scène qui paraît révéler un usage ancien (1), et voilà comment Ylliade à sa naissance ne fut probablement qu'un groupe de chants épiques.

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