‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 21 sur 156 · VIII. — Les destinées de l' « Iliade » et dk l' « Odyssée · texte numérisé non relu

VIII. — Les destinées de l' « Iliade » et dk l' « Odyssée

Les rapsodes. Solon et Pisistrate. — L'œuvre des aèdes asiatiques fut propagée par les rapsodes y ou « assembleurs de chants », qui, après avoir été peut-être, au début, des poètes, récitaient sans accam- I a^nementde musique des poésies épiques rattachées par eux les unes aux autres en forme de groupes, et dont ils n'étaient pas les auteurs (i).

(1) Sur l'histoire et le sens un peu obscurs du mot rapsode, voir M*un«? Croiset, Hist. de la lilt. gr., t. I, S* 'nI ., p. 301.

Athènes surtout leur fit bon accueil, et Solon leur imposa un règlement pour assurer dans les fêtes une récitation aussi suivie et complète que possible. Mais 1e texte officiel de Y Iliade et de Y Odyssée ne fut constitué que vers la fin du vie siècle, lorsqu'une sorte de commission formée par Pisistrate fit venir les rapsodes les plus renommés, écrivit sous leur dictée, et en cas de divergence les mit d'accord. L'un des fils de Pisistrate, Hipparque, ordonna que les poèmes homériques fussent récités d'un bout à l'autre aux fêtes des Panathénées, et cet usage subsistait au temps de Platon. Les différentes parties ou rapsodies des deux poèmes portaient alors des titres variés qui rappelaient les principaux épisodes.

La critique alexandrine. — Aristote avait fait une édition des poèmes homériques et un commentaire aujourd'hui perdu. Nous connaissons mieux les travaux des grammairiens alexandrins : sans parler de la thèse des chorisontes que nous avons exposée plus haut (1), ils furent les premiers à donner des éditions critiques fondées sur la comparaison des manuscrits. Zénodote, Aristophane de Byzance, Aristarque (ine-ne s.), tentèrent cette tâche; ils attaquèrent même l'authenticité de certains vers ou groupes de vers peu conformes à l'idée qu'ils se faisaient du poète. Une partie de leurs observations s'est conservée dans un commentaire rédigé d'après leurs ouvrages vers la fin du me siècle de notre ère : ce sont les notes ou scolies qui accompagnent Y Iliade dans un manuscrit découvert à Venise par le savant français Villoison, et publié par lui en 1788.

//Influence des poèmes homériques sur l'esprit grec. — Les poèmes homériques ont exercé une influence profonde sur l'esprit grec. Ce sont leurs mythes religieux et leurs légendes que la poésie

(1) Voir plut haut, p. 39.

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