LES « TRAVAUX ET JOURS
alors au souffle de Borée, lorsque, soufflant du fond de la Thrace, oette terre nourricière des coursiers, il soulève la vaste mer, qu'il fait mugir la terre et les bois, que, dans son cours impétueux, il lance au fond des vallées les chênes altiers, les sapins touffus, et remplit de ses mugissements les forêts profondes (1).
Perses n'est pas oublié dans la seconde partie des Travaux et Jours. Si le poète y convie tous les hommes à la tâche nécessaire, il s'adresse à lui en particulier, il l'interpelle même en termes assez rudes :
Je ne veux désormais ni te donner* ni te prêter : travaille, insensé Perses; ne te refuse plus à ces travaux auxquels, par des signes certains, les dieux convient les hommes. Autrement il te faudrait, avec tes enfants et ta femme, le cœur rempli 'l'amertume, aller demander ta vie à des voisins indifférents. Peut-être, deux ou U'ois fois, te donneraient-ils quelque chose ; mais, si tu les fatiguais davantage, tu n'en tirerais plus rien ; en vain redoublerais-tu tes prières, ce seraient paroles perdues. Songe donc, je t'y exhorte, aux moyens d'acquitter tes dettes et de chasser le besoin (2).
3° Préceptes mêlés (v. 093-704 et 765-828). — Dans le reste des Travaux et Jours, il n'est plu& question de Perses, et le poème perd de son intérêt et de sa valeur. — La troisième partie, que Ton peut désigner par. le nom de Préceptes mêlés, contient, sous forme sentencieuse, des prescriptions à l'usage des gens de la campagne sur la vie sociale et sur les observances religieuses.
4° Les Jours. — Les Jours, quatrième et dernière partie, sont une sorte de calendrier où l'auteur énumère les jours du mois favorables ou défavorables pour telle ou telle chose, nomenclature aride, mais curieux témoignage des superstitions populaires.