‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 40 sur 156 · II. — La poésie élégiaquk · texte numérisé non relu

II. — La poésie élégiaquk

Nature et forme de l'élégie. — Des diverses formes du lyrisme littéraire, la plus ancienne, la plus simple, celle qui par le moire se rapproche le plus

(1) Les exceptions k cette loi sont in> ■--•lilianle».

de l'épopée, c'est l'élégie. Le nom d'élégie désigne les chants accompagnés d'un air de flûte (du mot grec élégos, d'origine orientale, qui signifie flûte de roseau). Une élégie est une suite de vers groupés deux par deux : dans chaque groupe, le premier vers est l'hexamètre épique ; le second est un pentamètre, ou mieux un hexamètre dont le troisième et le sixième pied sont incomplets. Ce groupe de deux vers forme une strophe (en grec strophe, du verbe stréphô qui signifie je tourne), une phrase musicale de dimensions définies, et dont le retour est régulier. Courte et monotone, cette strophe exprimait bien la tristesse : aussi, avant d'être perfectionnée dans sa contexture métrique et tirée du sanctuaire pour des objets plus profanes par un Archiloque ou un Callinos, l'élégie ne fut qu'une forme de lamentations ou thrènes ; mais depuis elle exprima les idées les plus variées ; en particulier, sur cette phrase ferme et nette les poètes donnèrent des conseils, leur poésie fut sentencieuse ou gnomique (du grec gnômè, c'est-à-dire sentence) ; aussi poésie gnomique et poésie élégiaque sont devenus termes synonymes. La langue de l'élégie est l'ionien de l'épopée, un peu rajeuni, ou mêlé, suivant le pays ou la résidence des poètes, chez les uns de formes doriennes, chez les autres de formes attiques.

Archiloque et Callinos. — Le plus ancien des élégiaques grecs, celui qui éleva l'élégie au rang d'un genre littéraire, paraît être Archiloque de Paros; mais Archiloque étant plus connu comme le maître de la poésie iambique, nous nous contenterons ici de le mentionner.

Aussitôt après lui, c'est le nom de Callinos d'Éphèse qui doit être retenu (vne s.) : sa personne, son œuvre nous échappent fort, et cela est regrettable, car le seul fragment étendu qui reste de ses élégies — une exhortation à des guerriers — est inspiré par les sen* timents les plus élevés,

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