CARACTÈRES GÉNÉRAUX
suivant les poules, le rôle du chœur; exposons ici dans quel ordre se mêlent le plus souvent le lyrisme et le drame.
La pièce débute par une scène d'exposition, le proloyue. Puis le chœur se place dans l'orchestre, et son entrée se fait tantôt par une marche grave, tantôt par une sorte i le danse ; la marche et la danse sont accompagnées de chants, et l'ensemble forme la parodos ou entrée du chœur. Alors se succèdent des actes ou épisodes (1) après chacun desquels on entend un stasimon, chant du chœur en place : lt nombre des épisodes et stasima (2) varie de trois à cinq. Le dernier acte prend le nom d'exode ou sortie. La pièce était jouée d'un bout à l'autre sans entr' actes.
Les trois unités. — On connaît la règle des unités, formulée ainsi par Boileau :
Qu'en un lieu, qu'en un jour un seul l'ait accompli Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli.
Les Grecs n'ont pas méconnu les unités au théâtre, mais leurlibre génie était trop souplepours'y astreindre comme à des règles inébranlables.
L'unité d'intérêt, ou d'action, éclatante avec Eschyle, ne fut pas compromise par Sophocle, qui mêlait avec art les intérêts secondaires à l'intérêt dominant; elle existe encore chez Euripide, malgré l'importance des détails qui se font admirer pour eux-mêmes en dehors de l'ensemble où ils sont mis.
Quant à l'unité de lieu et à l'unité de temps, elles eurent encore moins la valeur d'une règle absolue (3). Aristote n'insiste que sur l'unité d'action ; il ne parle pas de l'unité de lieu, et sur l'unité de temps voici
(1) Primitivement, le chœur était la partie principale du drame. De là, le nom d'épisodes (ln-tt;-o$ta, ce qui s'interpose dans le chemin, digression») donné aux parties dialoguées qui vinrent s'y ajouter.
(2) Stasima (triàoi.,*.*) est le pluriel grec de stasimon.
(3) Voir plus loin les analyse? des Euménides d Eschyle (p. 134), de VAjcitx de Sophocle (p. 161) et des Suppliantes d'Euripide (p. SU).
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les termes très mesurés dont il se sert : « La tragédie, dit-il, s'efforce le plus possible de se renfermer dans une révolution du soleil ou du moins de passer peu ces limites (1). »
Les récits et le dialogue. — L'iambe, employé dans la satire, convenait à tout sujet de vive allure : c'est ainsi que le trimètre iambique devint le vers habituel du récit et du dialogue dans les comédies et les tragédies.
Les récits et morceaux étendus, que nous appelons tirades (2), sont plus fréquents dans le drame grec que dans le drame moderne. Leur type le plus parfait, ce sont les récits de messagers, plus pompeux, mieux ordonnés, moins diffus que ceux de l'épopée, et qui charmaient le public athénien habitué aux récitations rapsodiques.
Le dialogue prend souvent une forme vive, rare chez les Corneille et les Racine : alors le vers répond au vers, c'est une suite d'attaques et de ripostes ; quelquefois ce dialogue procède par demi-vers, quelquefois par groupe de deux vers, selon l'état d'esprit des personnages.
Les représentations : caractère religieux. — Considérées dans leur texte, les tragédies attiques étaient une œuvre religieuse. De même les représentations font partie du culte officiel de la cité : le théâtre est un sanctuaire où l'autel de Dionysos est devant les spectateurs, où le prêtre du dieu occupe au premier rang une place réservée, et les pièces sont jouées aux jours de fêtes en l'honneur de Dionysos C'est au commencement du printemps, aux Dionysies urbaines, qui attiraient une grande foule d'étrangers, que les tragédies nouvelles sont présentées au public pendant plusieurs jours consécutifs ; quand une pièce avait plu et qu'on en désirait quelque autre représen-
(*) Aristote, Poétique, «h. V, trad. E. Egger, (2) Eu grec partit.