LES REPRÉSENTATIONS
tation, c'était encore en un jour de fête religieuse que l'on donnait ce spectacle : les reprises avaient lieu dans la campag-ne, aux Dionysies rustiques, lout à la fin de l'automne.
Le théâtre. — « Le théâtre antique, a dit Saint- Marc Girardin (1), n'était pas une salle renfermée et ténébreuse, éclairée parla lueur des quinquets, où l'on vient passer le soir une heure ou deux dans de petites niches de bois ; où le héros tragique, quand il parle du soleil, lève les yeux vers un lustre plus ou moins bien allumé, et, quand il invoque le ciel, regarde un plafond de bois peint, ou bien, au-dessus du plafond, la dernière galerie, pleine de spectateurs tumultueux et débraillés. Le théâtre antique était placé sur le penchant d'un coteau, avec le ciel pour plafond, les montagnes et la mer pour décoration. »
A Athènes, les gradins semi-circulaires du théâtre de Dionysos s'étag-eaient sur le flanc méridional de l'Acropole, et les spectateurs les plus élevés pouvaient jouir de l'admirable panorama des environs d'Athènes. L'ensemble des gradins formait le théâtre proprement dit, le lieu d'où l'on regarde. En bas, dans Yorchestre(\e lieu où l'on danse), large place circulaire, le chœur évoluait et chantait ; c'est là qu'était placé l'autel de Dionysos, l'ancienne thymélè autour de laquelle dansait à l'origine le chœur dithyrambique. Derrière le chœur, et très probablement de plain-pied avec lui plutôt que sur une estrade, peut-être même dans la partie de l'orchestre opposée aux gradins, partie qui se relevait en pente douce, les acteurs jouaient et dialog-uaient. Une paroi en charpente, qui se couvrit peu à peu de peintures et de décors, les séparait de la construction légère ou scène (c'est le sens premier du mot grec skènè) qui leur servait de vestiaire. Tout cela fut d'abord fort simple, demanda peu de frais, et se réduisit à l'essentiel.
(1) Cours de littérature d-amatiuue, t. I, ch. i".
Le théâtre de Dionysos ne fat donc pas, au début, l'édifice de pierre et de marbre dont on voit les ruines à Athènes : ce théâtre-là ne fut terminé qu'en 330, sous l'administration de l'orateur Lycurgue. Le lieu des représentations ne changea pas, mais la science de l'architecte n'intervint qu'assez tard; les progrès de la tragédie, voilà l'œuvre du ve siècle, et cela dans un théâtre dont la plus grande partie était formée par des échafaudages en bois.
Les concours dramatiques. — Les tragédies étaient jouées sous forme de concours. Varchonte, après avoir pris connaissance des pièces, admettait trois poètes à concourir, et à chacun il attribuait un citoyen riche, le directeur du chœur ou chorège, qui assurait le recrutement, l'habillement etl'instruction de la troupe : cela s'appelait accorder un chœur. Le chorège se faisait aider par un maître du chœur, qui fut généralement le poète lui-même . Chaque poète présentait trois tragédies et un drame satyrique : les tragédies réunies formaient une trilogie, et les quatre pièce s une tétralogie. Au début, la tétralogie ne fut souvent qu'une fable en quatre parties ; puis les pièces, devenant plus longues et plus importantes, furent toujours indépendantes par le sujet ; les critiques modernes marquent cette différence par les termes de tétralogie liée et de tétralogie libre. L'archonte tirait au sort le nom des juges d'après une liste dressée par la Boulé (le Sénat d'Athènes) et les chorèges. Les juges, à Ja fin du concours, classaient les trois poètes admis par l'archonte ; les chorèges, eux aussi, étaient proclamés, et la victoire, le demi-succès, ou le prix de consolation, leur était commun avec les poètes.
Le chœur et les acteurs. — Tandis que le chœur du dithyrambe primitif exigeait un nombreux personnel, le chœur tragique n'eut jamais plus de quinze choreutes, et même, avant Sophocle, il n'en eut que douze. Les choreutes étaient revêtus de bril-