LYSIAS
demande, pour la sépulture: parmi nos amis, l'un donna un manteau, l'autre un coussin pour la tôte, un autre ce qu'il put trouver. Ce n'est pas tout: ils avaient déjà sept cents boucliers pris sur notre bien (1); ils avaient aussi une grande somme d'or et d'argent, de l'airain, des ornements, 'les meubles, des vêtements de femmes, en un nombre qui dépassait toutes leurs espérances, cent vingt esclaves, dont ils se réservèrent les meilleurs avant de donner les autres à l'État. Et pourtant voyz encore à quel point ils poussèrent leur insatiabl cupidité et leur honteux amour du gain, découvrant ainsi tout leur caractère : les anneaux d'orque portait la femme de Polémarque lorsque pour la première fois elle entra dans la cabane, Mélobios les lui arracha des oreilles. Enlin il n'y avait pas la plus petite parcelle de nos biens qui trouvât grâce devant eux (2).
Le discours Contre Ératosthène ayant désigné Lysias à l'attention des plaideurs athéniens, il ne tarda pas à s'acquérir dans le rôle de logographe une renommée sans égale. Parmi les discours qu'il fut alors appelé à rédiger, l'un des plus saisissants est le Contre Diogiton, qui traite une affaire de tutelle : il y règne une émotion simple et communicative, comme celle qui nous saisit à la lecture des meilleures tirades d'Euripide. Écoutons l'orateur nous montrant la famille de ses clients réunie autour du tuteur pour lui demander compte de sa conduite; c'est le petit-gendre de Diogiton qui parle contre lui en justice au nom de tous ceux dont il a lésé les intérêts.
Je demande à Diogiton de venir rendra compte de ses actes. D'abord il refuse, à la fin il est forcé pai set amis. Nous nous réunissons, et sa fille lui demande quel cœur il avait pour vouloir traiter ainsi ses petits-enfants. — Si »ous n'aviez point de honte à l'égard des hommes, dit-elle, vous deviez au moins craindre les dieux, vous qui, au moment du départ de votre gendre, avez reçu de lui en dépôt cinq talents ; et sur ces faits je veux bien, entourée des enfants, prêter serment à l'endroit que vous désignerez vous-même. — En outre elle le convainc d'avoir reçu sept talents et quatre mille drachmes prêtés a !a
(1) Le père de Lysias était armurier : ses fils avaient continué le même commerce et employaient à cet effet de nombreux esclaves. ( 1) Centre Ératosthène, 16-20. Traduction nouvdln.
3i6 L'ÉLOQUENCE.
grosse aventure, et elle montra l'écrit qui en faisait foi. Elle prouva aussi qu'il avait reçu cent mines, prêtées au taux de l'intérêt terrestre, et une seconde somme, celle-là de deux mille drachmes, et des meubles d'un grand prix; de plus, chaque année, il arrivait aux enfants du blé de la Ghersonèse. — Ensuite, ajouta- t-elle, vous avez osé dire, vous possesseur de tant de richesses, que leur père avait laissé seulement deux mille drachmes et trente statères, juste la somme qui m'avait été laissée à sa mort et que je vous avais donnée; et ces enfants, vous avez trouvé bon de les chasser, eux, fils de votre fille, de leur propre maison, mal habillés, sans souliers, sans valet, sans couvertures, sans vêtements, sans les meubles que leur père leur avait laissés, sans l'argent qu'il avait déposé chez vous. Et pour de pareilles œuvres rien ne vous arrête, ni la crainte des dieux, ni la pudeur à la vue de votre fille, témoin de votre conduite, ni le souvenir de votre gendre; loin de là, nous gommes tous peu de chose à vos yeux auprès d'une fortune 1
— Alors, juges, après ce long et véhément discours de la femme, en quel état nous avaient mis et les manoeuvres de Diogiton et les paroles de sa fille ! La vue des maux endurés par les enfants, l'idée que le mort avait laissé un curateur de ses biens aussi indigne, la pensée des difficultés qu'on éprouve à trouver un homme de confiance pour les soins de sa fortune, tout cela, juges, empêchait les assistants de dire un mot; ils pleuraient autant que les victimes, et ils se séparèrent en silence (1).
Isocrate. — Entre Lysias et Démosthène, la transition est marquée par Isocrate (436-338) : fils d'un riche fabricant d'instruments de musique, il reçut une bonne éducation, fréquenta sophistes et philosophes, Prodicos et Socrate à Athènes, Gorgias en Thessalie. Ensuite il se fit logographe : sur vingt et un discours qui restent de lui, six se rattachent à l'exercice de cette profession, mais n'atteignent ni le mouvement, ni le pittoresque des plaidoyers de Lysias. Il renonça de bonne heure aux succès, réels mais trop modestes à ses yeux, que lui valait le métier de logographe ; et,
(1) Contre Diogiton, 12-18. Je cite, en l'abrégeant, la traduction que j'ai donnée (p. 57 et suiv.) dans l'ouvrage intitulé : Denys d'Halicarnasse, Jugement sur Lysias, texte et traduction française publiés avec un commentaire critique et explicatif par A. -M. Desrousseaux et Max Eggei, Paris, Hachette, 1890, in-8».
— C'est par le Jugement sur Lysias de Denys d'Halicarnase que le Contre (Hogiton nous a été conservé.
JSOCRATE. 317
comme une invincible timidité, jointe à une grandie faiblesse de voix, l'empêchait de parler devant l'Assemblée, il ouvrit une école de rhétorique. Les jeunes gens accoururent à ses leçons : connue les sophistes, il avait une confiance illimitée dans la puissance et les mérites de son art, mais il repoussait leur scepticisme ; s'il aimait le langage harmonieux, il voulait qno l'éloquence exprimât des idées utiles et de nobles pensées. Cet enseignement, où le culte de la forme se mêlait à des idées philosophiques, porta des fruits abondants, et, selon le mot de Gicéron, « l'école d'Isocrate fut le cheval de Troie d'où sortirent les héros de l'éloquence grecque (i). » Qu'il suffise de nommer parmi ses élèves les orateurs Lycurgue, Isée, Hypéride, et les historiens Éphore et Théopompe.
A tenir école d'éloquence, Isocrate gagna de l'argent et de la réputation. Alors il voulut jouer un rôle plus brillant : écrivain politique et publiciste à la mode de son temps, il donna son avis dans des discours d'apparat sur les questions qui intéressaient Athènes et la Grèce. Ces discours, lus devant un auditoire restreint, étaient ensuite copiés et répandus; il les méditait longuement, il les polissait avec soin, et l'on y saisit un art « doux, insinuant, plein d'élégance (2) », mais qui se discrédite un peu à force de se montrer, car l'auteur y sacrifie quelquefois le fond à la forme et s'y livre trop au plaisir des périodes savamment construites et habilement cadencées. Mais si l'abus des périodes, si l'emploi de cette harmonie particulière à la prose que nous appelons nombre oratoire paraît monotone et fatigant, il faut reconnaître que, par ces périodes et cette harmonie, Isocrate amena la prose grecque presque à sa perfection ; il préparait les voies à Démosthène, comme notre Balzac les a préparées à
(1) Cieéron, De oratore, a, 22, 94: « Isocrati» e ludo tauquam ex oquo Trojano meri principes exienint ».
(i) Fénelon, Lettre à l'Académie, art. it.
Pascal et à Bossuet. A la phrase un peu frôle de Lysias, il substituait une phrase souple et forte : elle n'est chez lui qu'un instrument pour l'éloquence d'apparat, mais elle était capable de porter, comme elle le montra bientôt, les convictions ardentes et la vigueur impétueuse d'un véritable orateur.
Des discours d'apparat composés par Isocrate, le plus connu est le Panégyrique : l'auteur s'y adresse aux peuples assemblés à Olympie pour les jeux. Le fond de la harangue, publiée en 380, et à laquelle ïsocrate avait travaillé pendant dix ans, est l'éloge d'Athènes. L'orateur prouve que les Athéniens ont rendu plus de services que les Lacédémoniens, et que leur ville est la vraie capitale de la Grèce. Il veut aussi réconcilier Athènes et Lacédémone : il invite les deux cités à s'unir et à entiaîner tous les Grecs d'Europe pour affranchir les Grecs d'Asie et ruiner l'empire perse I Ce brillant et généreux manifeste n'eut point de résultat politique, mais il acheva de rendre célèbre le nom et le talent d'Isocrate.
Vingt-cinq ans après le Panégyrique, Isocrate est loin des patriotiques ambitions dont il se faisait alors l'éloquent interprète. Athènes, battue dans la « Guerre sociale », où elle s'était opposée vainement à la défection de ses alliés, songeait à accepter les faits accomplis : c'est cette politique qu'Isocrate lui conseille dans le discours Sur la Paix (355), où apparaît l'aveuglement de l'auteur qui croit que l'ambition du roi de Macédoine sera désarmée par la résignation des Athéniens. Neuf ans plus tard (346), Philippe, maître de la Thessalie et des Thermopyles, donnait tort à Isocrate, et pourtant c'est le moment que choisit , l'honnête vieillard pour écrire le Discours à Philippe, où il s'obstine à voir dans la personne du rusé Macédonien un protecteur bienveillant pour les Grecs, non un conquérant qui foulera aux pieds leurs libertés; il lui demande donc, avec un optimisme imperturbable,
ISOCHATE, ISÉE. 319
de réconcilier et d'unir les républiques helléniques pour les mener en Asie combattre les Perses. Seule, là défaite de Ghéronée (338), qui mit Athènes à deux doigts de sa perte, détruisit ses illusions ; il mourut peu de jours après, abattu peut-être par la lugubre nouvelle.
Il ne faudrait pourtant pas juger Isocrate trop sévèrement. Il était sincère, il avait l'âme honnête, et il a présenté son apologie dans un très curieux discours dont voici l'origine : Isocrate n'avait jamais été inscrit sur la liste des Athéniens chargés des services publics les plus onéreux ; un de ces Athéniens, ayant été porté au rôle pour une triérarchîè (armement d'une trirème), l'avait fait condamner, comme plus riche que lui, à s'acquitter de l'armement de la trirème ou à échanger, aux termes de la loi, sa fortune contre celle du demandeur. Après ce procès Isocrate écrivit le discours Sur fÀntidose, c'est-à-dire sur l'Échange des biens : l'affaire d'antidose n'y est rappelée que brièvement, et nous n'avons ici qu'un discours d'apparat; l'orateur y répond aux reprochés de ses ennemis, et, pour faire ressortir avec l'unité de sa vie le caractère moral de son enseignement, il cite des passages de ses œuvres antérieures. Ce discours, malgré sa beauté, ne fait pas oublier qu'Isocrate manqua de clairvoyance patriotique, mais il impose le respect pour la personne du moraliste et pour le talent de l'écrivain (354).
Isée. — Une étude des prédécesseurs de Démosthène serait incomplète si l'on passait sous silence le maître du grand orateur, Isée de Ghalcis, dont l'acti vite semble s'être exercée à Athènes de V>00 à3r>0 environ. 11 fut l'élève d'Isocrate, mais il se rapproche plutôt de Lysias par la pureté du langage, la netteté de la phrase et la brièveté lumineuse de l'ensemble. S'il raconte avec moins d'agrément et de naturel que Lysias, il lui est supérieur par une certaine imp»>
tuosité, par un tour plus vigoureux et plus pressant C'est un logographe : ses discours appartiennent au genre judiciaire, et il nous en reste douze (une des divisions du recueil et sans doute la plus célèbre) qui se rapportent tous à des contestations d'héritage.
Les partis politiques au temps de Démosthène. — Démosthène est le plus grand orateur d'Athènes et l'un des plus grands orateurs de tous les siècles : on ne peut comprendre son œuvre si Ton ne sait en quel état se trouvait la Grèce au temps où il vécut. C'est le temps où Philippe de Macédoine menace la liberté chèrement acquise par les luttes contre les Perses. Dans Athènes, la majorité démocratique est. hostile à ses entreprises, mais le changement accompli dans les mœurs a énervé les courages ; le peuple aime la vie facile et les fêtes brillantes qui font d'Athènes une ville sans pareille ; il s'endort sur ses lauriers de Marathon et de Salamine, oubliant qu'ils sont flétris par le désastre de Sicile et qu'il suffira de peu pour mettre en pièces cette couronne de gloire et d'honneur. Les vrais patriotes sont donc réduits à l'impuissance, et le parti de la paix, profitant de l'inertie populaire, oppose mollement au Macédonien une politique au jour le jour, à bon marché, dirigée par Eubule, Phocion, Eschine, encouragée par Isocrate, qui, dans ses discours d'apparat, prêche la confiance envers Philippe. On glissait ainsi doucement vers la servitude, quand Démosthène se fit le défenseur de la liberté.
Vie de Démosthène. — Né en 384, au dème de Péania, Démosthène, dès l'âge de sept ans, perdit son père, un riche armurier, et vit sa fortune dilapidée par des tuteurs indignes. A peine majeur (366), il leur demanda des comptes, et, sous la direction d'ïsée, il
se prépara à les poursuivre devant les tribunaux; trois ans après, il parvenait à se faire restituer une partie de son patrimoine. Sa nature étant peu propre à l'éloquence de l'Assemblée (car sa voix manquait de force et de netteté), il lutta sans se décourager contre ces défauts et il en triompha. Il parut alors à la tribune en 355, mûr et fortifié pour les combats oratoires et politiques.
En 324, après trente ans d'éclatants services rendus à sa patrie, Démosthène fut accusé de corruption, condamné à une amende de cinquante talents, et, ne pouvant la payer, obligé de s'exiler : il avait, disaient ses accusateurs protégé, contre argent, la fuite d'Harpale, gouverneur de Babylone et familier d'Alexandre, qui, après avoir dilapidé des fonds qu'il tenait en dépôt, était venu demander asile aux Athéniens. A la mort d'Alexandre (323), un décret du peuple le rappela, et son retour fut un triomphe. Mais, dès l'année suivante, presque toute l'Attique tombait aux mains des Macédoniens, et Démosthène était contraint de s'enfuir pour échapper aux soldats d'Antipater; traqué par eux dans l'île de Galaurie, et sur le point d'être arrêté, il ne voulut point tomber vivant entre leurs mains et s'empoisonna (322).
Caractères généraux de son éloquence. — L'éloquence de Démosthène est à la fois simple et forte, faite de bon sens et d'énergie, de raison et de pathétique; il manie tous les tons, depuis le familier jusqu'au grandiose; il reste toujours naturel, car il ne cherche pas sa propre gloire et ne s'écoute pas parler comme un Gicéron. « Il s'occupe rarement à parer sa pensée, dit La Harpe, ce soin semble audessous de lui ; il ne songe qu'à la porter tout entière au fond de votre cœur. Nul n'a moins employé les figures de diction, nul n'a plus négligé les ornements ; mais dans sa marche rapide il entraîne l'auditeur où U veut, et ce qui le distingue de tous les orateurs, c'est
que l'espèce de suffrage qu'il arrache est toujours pour l'objet dont il s'agit, et non pas pour lui. On dirait d'un autre : il parle bien ; on dit de Démosthène : il a raison (1). »
Cette éloquence ne serait pas ce qu'elle est, si Démosthène n'avait acquis la connaissance des hommes et des choses, qui empêche un orateur de parler à vide et de se rabattre sur les ornements de la rhétorique ; et pour cela Fétude de Thucydide lui avait été infiniment utile. A l'école du grand historien il avait appris tout d'abord l'art de pénétrer les caractères et d'apporter dans les affaires le coup d'œil de l'homme d'État. Il avait aussi étudié Thucydide en orateur, apprenant de lui la concision, mais transformant sa prose un peu âpre pour l'approprier aux luttes de l'éloquence publique. « En se nourrissant des harangues de Thucydide, Démosthène ne l'a pas imité : il a donné des ailes à cette éloquence immobile, il a fait sortir le papillon de sa coque (2). »
Plaidoyers civils de Démosthène. — Nous avons, sous le nom de Démosthène, soixante discours environ (3), dont trente- trois se rapportent acles causes privées, sans aucun lien avec les événements publics. Ces plaidoyers civils, tous antérieurs à l'an 344 ou 343, sont remarquables par la simplicité du langage, parla convenance du ton avec les sujets, pai le bon sens des arguments et la clarté de la discus sion ; ils sont en outre un document précieux pour l'histoire des mœurs et du droit attique au ive siècle.
Cinq d'entre eux furent prononcés par Démosthène, encore très jeune, pour la défense dé ses intérêts; il a composé les autres pour des clients, à titre de logo-
(1) La Harpe, Lycée, h, 1, 3.
(2) Henri Weil, p. vii de son Introduction aux Harangues de Démosthène, Paris, Hachette, 2» éd., 1881, et p. ix de sa Vie de Démosthène, en tètedel'édition classique de Sept Phili épiques, ibid.
(3) L'authenticité de plusieurs discours étant contestée, souvent par d'excellente* raisons, il «st difficile de fixer un chiffre précis.
l)RMOSTHKNE. 323
graphe. Dans le premier plaidoyer contre ses tuteurs, il sollicite la bienveillance et l'attention des juges par cet exorde simple et modeste :
... Je sais, juges, que j'ai en face de moi des hommes habiles à parler, puissants à former des brigues, et qu'à mon âge, sans expérience des affaires, c'est une rude tâche d'engager contre eux une lutte où il y va <li' toute ma fortune ; cependant, si je leur suis inférieur en bien des choses, je n'en ai pas moins un ferme espoir d'obtenir justice devant vous, de vous faire de ce qui s'est passé un récit suffisant, et de manier, moi aussi, la parole avec assez de facilité pour qu'aucun détail ne vous échappe, pour qu'il ne reste pas un point obscur dans l'affaire sur laquelle vous allez voter tout à l'heure. Je tous prie seulement, juges, de m'écouter avec bienveillance, et, si vous trouvez qu'on m'a fait tort, de me venir en aide et de faire justice. Pour mdH, je tâcherai d'être aussi bref que possible. Je prends les faits au point où il faut remonter pour vous les faire facilement comprendre ; c'est par cet exposé que je commence (1).
Déjà, dans les plaidoyers civils, le ton s'élève et atteint quelquefois le pathétique, par exemple dans le (loutre (Umon^ l'un des plus remarquables par la force, la verve, et la sobriété du style :
Je le jure par tous les dieux et toutes les déesses, oui, j'ai bien réellement souffert de la part de Gonon les mauvais traitements dont je lui demande compte, j'ai reçu des coups, j'ai eu la lèvre fendue à ce point qu'il a fallu me la recoudre, j'ai subi toutes sorte* d'outrages; et si j'ai intenté la présente poursuite c'est pour vous rendre service, à vous, juges, et à tous ceux qui sont ici présents. Si je dis vrai, puissé-je être comblé de biens et n'avoir plus désormais à souffrir rien de semblable ! Si au contraire je me parjure, puissé-je être maudit et périr, moi et tout ce qui m'appartient, et tout ce qui doit m appartenir un jour! Mais je ne me parjure pas, non, dût Conon en crever de dépit (2).
Démosthène orateur politique : premiers plaidoyers et premières harangues. — C'est surtout
(1) Démeethène, Contre Aphoboa 1, î et 3. Pour toutes les citations de Démosthène, traduction Dareste (Plaidoyers civils et /'laidoyers politiques, Paru, Pion) ou Plougoulm (les Pkilippiquet, ibid.), revue.