‹ Histoire de la littérature grecqueChapitre 99 sur 156 · IV. — La Poésie (suite) : Théocrite · texte numérisé non relu

IV. — La Poésie (suite) : Théocrite

Vie de Théocrite; son génie. — Si Lycophron est le moins attrayant des poètes du me siècle, Théocrite en est le plus aimable, le plus original, et le seul qui ait su fondre harmonieusement le réalisme et le bel esprit, ces deux principales tendances des poètes alexandrins.

Sa vie se partagea entre la Sicile, l'île de Gos et Alexandrie; né à Syracuse vers 315 ou 310, il fut l'élève et l'ami de Philétas à Gos ; il mourut, on ne sait où, vers le milieu du 111e siècle.

Il reste sous son nom quelques épigrammes et trente idylles dont vingt-cinq sont entièrement authentiques. Ge nom d'idylles, d'un mot grec qui signifie « petit poème » ou « petite pièce » (1) dans le vocabulaire de l'érudition ancienne, fut donné à son œuvre par le premier grammairien qui réunit ses « petites pièces ». Celles-ci étaient en même temps des pièces détachées ou « choisies », des « églogues » (*2); et, comme les poèmes « bucoliques », c'est-à-dire ceux qui mettaient en scène des pâtres ou « bouviers » (3), dominaient dans le recueil, les mots « idylle », et « églogue » prirent dans notre littérature le sens limité que tout le monde connaît, tandis que les idylles du poète sicilien sont de « petits poèmes » au sens général et sur des sujets variés.

Se contenter de faire des idylles fut le mérite de Théocrite, et l'idylle est la grande nouveauté de la

(i) EtSâUtov, diminutif de tTSo;.

(2) En gi-ec IrXoyf,, substantif dérivé du verbe ixJupi» «choisir m.

(3) k.u grec p*uxrt«.

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