ORATEURS DU QUATRIÈME SIÈCLE AVANT J. C
liée des traîtres. Rien de plus fort ni même de plus rude le ce discours ; rien qui sente moins la sophistique et ipprêt. Lycurgue se borne , en général , à rappeler d*illuses exemples , à citer des faits historiques , des textes de krets y les vers de quelques poëte%inspirés. Mais les vers Homère ou de Tyrtée , les lois antiques , l'histoire entière» héroïsme des grands citoyens , tout retombe sur la tête de ^rate comme un poids accablant. La colère et Tindignam éclatent de temps en temps , et achèvent l'œuvre de la alectique et du droit. Ainsi, après avoir rappelé le serent que prêtaient les jeunes Athéniens» Lycurgue s'écrie : « Que de générosité, que de piété dans ce serment! Pour k>cratey il a fait tout le contraire de ce qu'il a juré. Aussi, lut-on être, plus qu'il ne l'a été , impie, traître à son pays? mt-on plus lâchement déshonorer ses armes , qu'en refunt de les prendre et de repousser les assaillants? N'a-t-il 18 évidemment abandonné son compagnon et déserté son »ste , celui qui n'a pas même voulu s'enrôler et se montrer ms les rangs ? Où donc aurait-il pu défendre tout ce qu'il a de saint et de sacré , celui qui s'est dérobé h tous les mgers ? Enfin , de quelle plus grande trahison pouvait-ii rendre coupable envers la patrie, qu'en la délaissant, l'en permettant , autant qu'il était en lui , qu'elle tombftt i pouvoir des ennemis ? Et vous ne condamneriez pas à ort cet homme coupable de tous les forfaits 1 Qui donc mirez-vous ? > Et c'était un vieillard septuagénaire qui exprimait avec cette véhémence.
On croit que Léocrate fut condamné. Mais une victime bien us considérable, que Lycurgue avait fait immoler aux lois )rès le désastre de Chéronée , c'était Lysiclès , le général aitre ou incapable qui commandait les Athéniens dans la itaille. Il reste quelques paroles du discours de Lycurgue tntre lui, et bien plus rudes encore et plus véhémentes que ut ce qu'on trouve même dans l'accusation contre Léocrate. Tu commandais l'armée , ô Lysiclès ! et mille citoyens ont Sri ; et deux mille ont été faits prisonniers ; et un trophée élève contre la république ; et la Grèce entière est esclave î DUS ces malheurs sont arrivés quand tu guidais nos sold^v%\
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et tu oses vivre ^ lu oses voir la lumière du soleil , te présenter sur la place publique , toi , monument de honte et d'opprobre pour ta patrie ! »
On dit que Lycurgue manquait d*art ; mais ce défaut, si c'en est un, était bien compensé par des qualités que tout Tart du m(»ide eût été impuissant à produire; par de vraies qualités oratoires , par cette éloquence , enfin , dont Isocrate et tant d'autres n'ont jamais poursuivi que l'ombre.
Hgrpéride , que les anciens regardaient comme le premier desorateurs après Démosthène et Eschine, ne nous est connu que par les témoignages de Cicéron, de Quintilien et de quelques autres auteurs. Il n'existe aucun discours qu'on puisse lui attribuer avec certitude. Hypéride était, comme Lycurgue, undes plus ardentsadversaires des Macédoniens. Il périt leur victime. Après la bataille de Cranon, il fut livré à Antipater, qui lui fit arracher la langue avant de le mettre à mort. On vantait l'ordre et l'économie des discours d'Hypéride , la force de ses raisonnements , la vivacité et la douceur de son style. Mais Quintilien remarque que c'est surtout dans la manière de traiter les sujets tempérés qu'il méritait d'être pris pour modèle.
Dinarque de Corinthe, né vers l'an 360, s'établit h Athènes à l'époque où Alexandre passa en Asie , et y devint un des chefs du parti macédonien. Il se fit un renom comme orateur, et il fut un des ennemis les plus acharnés de Démosthène. Plus tard, il eut l'honneur d'être compté au nombre des amis de Phocion , et de périr , comme lui , victime de Polysperchon , l'indigne tuteur des enfants d'Alexandre. Il nous reste de Dinarque trois discours d'accusation , dont le plus remarquable est celui qu'il prononça devant le peuple athénien contre Démosthène , et dont nous dirons un mot plus tard. Dinarque est véhément et passionné, et son style n'est pas sans couleur et sans force. Aussi les Alexandrins l'ont-