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Àllosion au nom de Platon, qjai signifie large

DEUX PBILOSOPBES POËTES. 4S7

Gonna déjà, quand Timon écrivit les Silles, pour avoir sa place dans cette curieuse galerie de portraits : ■ Quel est ce bélier qui parcourt les range, ce lourd citoyen d'Assos, ce grand parleur, ce mortier, celte masse inerte? * Ce philosophe d'un extérieur si peu avantageux avait une grande Sme et un beau génie. Il avait commencé par exercer le mélier d'athlète ; puis la pauvreté l'avait réduit à se mettre au service des jardiniers d'Athènes. 11 connut Zenon, et il s'éprit de l'amour de la philosophie. Il passait la nuit dans les jardins , à puiser de l'eau et il arroser les plantes ; le jour, il allait entendre Zenon, et travaillait à suppléer par l'étude au défaut de son éducation première. Il fut, après Zenon, le chef du Portique, et il vécut Jusqu'il l'ftge de quatre-vingts ans, ou, selon quelques-uns , de quatre-vingt-dix-neuf ans. I^B ouvrages en prose composés par Cléanthe devaient être remarquables par les agréments du style : au moins le philosophe ne s'interdisait-il pas les vives images, les allégories , les tableaux i la manière de Platon et du premier Arislole. J'en juge ainsi d'après la page que Cicéron lui a empruntée, où l'on voit la Volupté assise sur un trAne, et les Vertus réduites à la servir, obéissant i tous ses commandements, n'ayant d'autre affaire, et se hasardant tout au plus à lui donner tout bas quelques conseils. Admirable résumé du système moral d'Ëpicure , et qui en fait vivement saillir aux yeux les erreurs et tes absurdités. Hais ce n'est point par conjecture que nous voyons dans Cléanthe un vrai poêle. L'hymne en vers épiques adressé i Jupiter, dont je vais transcrire le commencement et la fin , est quelque chose de mieux encore qu'un précieux monument de la philosophie stoïcienne : c'est l'œuvre sublime d'un poëte inspiré.

• Salut à toi , le plus glorieux des immortels , être qu'on adore sous mille noms, Jupiter éternellement tout-puissant; i toi, maître de la nature ; à toi, qui gouvernes avec loi toutes choses ! C'est le devoir de tout mortel de t'adresser sa prière ; car c'est de toi que nous sommes nés, et c'est toi qui nous as doués du don de la parole , seuls entre tous les Âtres qui vivent et rampent sur la terre. A toi donc mes louanges ; li toi l'étemel hommage de mes chants I Ce mond^ lm\G>!etiSA^

Ig^ CHAPITRE XXXVn. — DEUX PHLOSOPHES POÈTES.

qui roule autour d6 la terre , conforme à ton gré ses moii?ements, et obéit sans murmure à tes ordres. C'est que tu tieni dans tes invincibles mains l'instrument de ta volonté, li foudre au double trait acéré, l'arme enflammée et toujoun vivante. Car tout, dans la nature, frissonne à ses coups retentissants. Avec elle tu règles l'action de la raison unive^ selle qui circule à travers tous les êtres, et qui se mêle aux grands comme aux petits flambeaux du monde. Roi suprême de l'univers, ton empire s'étend sur toutes choses. Rien sur la terre, dieu bienfaisant, ne s'accomplit sans toi, rien dansk ciel éthéréet divin, rien dans la mer ; rien, hormis les crimes que commettent les méchants par leur folie.... Jupiter, auteur de tous biens, dieu que cachent les sombres nuages, maître du tonnerre, retire les hommes de leur funeste ignorance; dissipe les ténèbres de leur &me, ô notre père I et donne-leur de comprendre la pensée qui te sert à gouverna le monde avec justice. Alors nous te rendrons en hommages le prix de tes bienfaits, célébrant sans cesse tes œuvres, comme c'est le devoir de tout mortel ; car il n'est pas de plus noble prérogative, et pour les mortels et pour les dieux, que de chanter éternellement, par de dignes accents, la loi commune de tous les êtres. »

UTTÉRATURE ALEXANDEINE.

LB MTTSéE D'ALEXANDRIE. — CARACTÈRE DE LA UTléRATURE ALEXAN- DRINS. — LYCOPHRON. — CALLIMAQOE. — APOLLONIUS. — iRITDITS ALSXAinmiNS.

I<e niuiée d^ Alexandrie*

Le troisième siècle avant Jésus-Christ fut pour la Grèce proprement dite une époque de confusion et de misères. Mais il y avait, autour de la Grèce, des pays qu'avait con(]uis la civilisation grecque, et où les hommes vivaient dans des conditions assez favorables pour pouvoir vaquer avec succès

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