‹ Histoire de la littérature greequeChapitre 117 sur 137 · CONTEMPORAINS D'AUGUSTE, ETC · texte numérisé non relu

CONTEMPORAINS D'AUGUSTE, ETC

-brillante façade d'un médiocre édifice. Diodore est ordinairement ennuyeux. Il écrit simplement, mais sans chaleur, sans intérêt. Si Ton considère son ouvrage non point proprement comme une histoire, mais seulement comme une collection de documents historiques, c'est un des plus précieux monuments de l'antiquité; car ce qu'on retrouve, sous Dio- <lore, ce sont des textes empruntés à une foule d'historiens dont les écrits n'existent plus, tels qu'Hécatée, Ctésias, Philistus et bien d'autres. C'est donc une véritable bibliothèque historique ; et l'ouvrage , sous ce rapport , n'est pas trop indigne de son titre. Mous possédons les cinq premiers livres, qui traitent de l'Egypte, de l'Assyrie et des premiers temps de la Grèce, et dix autres livres (XI-XX), qui vont jusqu'à la bataille d'Ipsus. Les fragments des vingt-cinq livres perdus ne sont pas irès-considérables ; et c'est encore à H. Mai <|u'on en doit le plus grand nombre. Diodore avait poussé le récit des événements jusqu'aux campagnes de César dans les Oaules. Diodore était contemporain de Denys d'Halicamasse, et il passa de longues années à Rome, sous César et Auguste.

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Strabon le géographe, né vers Tan 50 avant notre ère à Amasée en Cappadoce, vivait par conséquent vers le même temps que Denys et Diodore. Comme eux il habita longtemps à Rome. Il avait d'ailleurs fait de lointains voyages, et visité la plupart des contrées qu'il décrit. Sa Géographie en dixsept livres , que nous possédons, peu s'en faut, tout entière, est une véritable encyclopédie, pleine de détails intéressants et d'aperçus lumineux sur l'histoire, la religion, les mœurs, les institutions politiques des anciens peuples. On y trouve même des discussions de critique littéraire assez importantes. Strabon a fort bien vu tout le parti qu'on peut tirer des fables antiques, comme témoignage naïf et spontané des idées et de la sagesse des temps primitifs. Esprit judicieux, érudit consommé, écrivain clair et correct, son ouvrage n'est pas seulement une mine inépuisable pour les

histôrieng^y toe littëmtaiirs ^^t les i)hik)IogtteB ; c-est m» agréable lectaro, et surtout une des ]^U6 utiles qu'ai faine.

Un eertam Apion,gra3iimairieiiy queles^abitamsd'AleniH drie avaient député h Caligula pour i^se plaindre des Jiii&, evaitcomposé divers ouvrages historiques on politiipiaB. S était Égyptien , et son ouvrage le plus eoBsidérableétait^aoe Histoire d'Egypte, > CSette histoire a péri, ainsi que tous lesnitfes écrits d'Âpion. On oonnatt poactant asserbien son traité contre les sectateurs de la religion de Moiee, parée qu^Apin a eu un contradicteur, et que la réponse en faveur des Juifs nous est parvenue.

Le contradicteur d'^Apion n'était autre que le célèbre his* torien Josèphe. Jasèphe, ou plutôt loflèpe, était Juif. Il était né à Jérusalem, en Tan 37de !notreère, et il appartenaità la race sacerdotale. J\ combattit contre >Vaspasien, pois s'attacha à sa fortune , prit le prénom de Flavius , et fut ei grande faveur auprès de lui et auprès de Titus son fils. B accompagna Titus à ce siège deTérusalem dont lui-même a retracé les terribles et saisissants épisodes. L'Histoire de la Guerre de Judée par Josèphe est un récit diamatique, oà Fintérét croit de scène en scène jusqu'au dénoùment, jusqu'à cette catastrophe qui n'a peut^tre pas ^'égale dans iesomnales de l'univers, et dont les conséquences, après dâ^faoit siècles, se font sentir encore. iL'ouvrsgeiaisept livras.; écrit d'abord en syriaque, r^tnleur lui-mèmeile traduisit en grec hellénistique, comme on appelait le grec courant .d'ulors, pir opposition à la langue classiqae,fqu& les atticistos essayaient de conserver pure de tout mélange. UHisUnre andmne âss Juifs j par le même écrivain, est précieuse surtout paise qu'elle remplit la lacune de plusieurs: siècles qui ae ttonire entre les livres de l'Ancien Testement ^t ceux du iiouveai* Mais Josèphe a beaucoup sacrifié au goût de ^ses leeteofs grecs et romains. Il altère souvent les antiques tradidons de la Bible; il efface l'originaire de la physienomte du ploB

CONTEMPORAINS iD'AUfiDSTE, ETC. ibl9

ttorâmaice de tons les peuples ; il iidUiiise mt nxmanieeane.hîslQÎre'guiBe reBftBinble^àiieii.auiiioade,}flâioii>k eUe^méme.

Xe mmk de sophiste, décrédité jadis parJBocraleet.PliUoii, teptit^ BOUS les empeiears romains, aoe.sigiiificAlionhone* Table ; ou plutôt on se borna à rendre leur iviritabAe ncon^ esux que les Romains appelaient rhéteurs, et <iiie lesGrees iraient trop longtemps appelés des orateurs. iLes sophistes étaient proprement des professeurs de bélles^ttres.* Ils enseignaient Tart d'improviser et d'écrire des discours , et ils étalent euxHmémes écrivains «et improvlsateois. lis traitaient toute sorte de sujets ; ils faisaient des harangues politiqms du genre de celles dont parle Unvénal : ils dmn«îentà%Ua leconseil d'abdiquer la dictature, ou ils excoriaient les jàthé» niens, comme fait Lesbooax,'8(^histe eontemposain jde flibàra, ii s'armer de oeurage contre les - ememis lUns ia guerre du Péloponnèse ; ils dissertaient «sur des queMioiiB morales ou même soiimtifiques , mais en «^'attachant pBesqve miquement au bien dire, et-* avec peu de souci de la 'vérité pure et tàème du bon goût. En un mot^ c'était Gorgias, o'étalt Protagoras; c'étaient même quelquefois des 'triomphes OMh toîres comparables à een qui avaient jadis ^altomélatsaiiite indignation de Soerate. Ilva aans^direqvela phipart de ces orateurs qui faisaient tant de< bruit >ne méritaient nullement leur réputation. Il faut pourtant^ foire ^exception pour qudqaes^uns; et, sans perler de-Phitarque^^de^Luoien, qui furent des hommes de génie, plusieups de^ees sophistes étaient mieux que de vides déclamateurs, ^et mériteirt une pkaoeéaBs 1-hîsloire de la Uttérature.

Le phiscoétèbredes sophistes du stècte dont nous énomélaens les':écri vains est Dion, quiifiit tSumomné^ChrysoBlome, c!est«à-dire bouche d'or, à cause de mon éloquence. Hélait né à Pnisecen;Bith;ni&,tjetiLflofliasaitiLilome jdiS'lâ .laBB^

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»m CHAPITRE XUL

de Néron. Lorsque Yespasien parvint à l'empire , Dion te conseilla de rétablir la république. Impliqué plus tard dam une conspiration contre Domitien , il s*enfuit loin de Tltalit Il était sur les bords du Danube, quand on y reçut la dou- Yelle de la mort de Tempereur et de l'élection de Nerva. L'ar* |r/^ mée campée dans ces parages allait se révolter : Dion , qoi était dans le camp, mais déguisé en mendiant, se fait codaaitre, harangue les soldats, les ramène à l'obéissance ; et I<Ierva est proclamé d'une voix unanime. Dion jouit d'une grande faveur sous Nerva et sous Trajan, et mourut dans un grand âge , avec le renom du premier des orateurs et des «écrivains du temps.

C'était un homme, en effet, d'un talent très-distingué, sinon un homme de génie. Parmi les quatre-vingts discours oo dissertations qui nous restent de lui , il y en a qui sont dfê morceaux remarquables : ainsi \e Discours olympique^ohVm fait paraître Phidias expliquant devant les Grecs assemUè la composition de son Jupiter Olympien ; ainsi le discours intitulé Diogènôy où il s'agit du gouvernement des Etats, et plusieurs autres encore. On reconnaît, dans ces ouvrages, uo ^esprit formé par la lecture et la méditation des antiques modèles. La chaleur du style, un peu factice quelquefois , n'est pas toujours le produit du choc des mots. Dion avait des entrailles, comme il avait de la science et du courage; et ses phrases , trop bien tournées peut-être , sont pleines souvenl d'une vraie émotion. Si Dion s'était moins attaché à h forme, s'il n'avait point abusé de Tatticisme, s'il avait écrit ^vec plus d'abandon, et quil n'eût point affecté de tant platoniser, ou de reproduire les tours et les expressions de Xénophon et de Démosthène , il occuperait un rang élevé parmi les écrivains moralistes, sinon parmi les orateurs.

C'est dans les discours de Dion Chrysostome que se trouve le premier écrit en langue grecque qu'on puisse intituler roman ou nouvelle. L'Histoire Eubèenne est une charmante pastorale. C'est le tableau du bonheur champêtre de

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