‹ Histoire de la littérature greequeChapitre 12 sur 137 · U POÉSIE GRECQUE AYANT HOMÈRE. Î · texte numérisé non relu

U POÉSIE GRECQUE AYANT HOMÈRE. Î

■èreàas la bouche de Taède d'Ithaque ou de celui des AiûB5. Qu'on dise ce qu'il faut entendre par ces paroles fv/raoonce l'âme d' Agamemnon , dans la prairie d'as* /Ù, après l'arrivée des âmes des prétendants massacrés pt Ulysse : « Les immortels inspireront aux habitants de kimt on chant gracieux en l'honneur de la sage Pénélope. flkn*a point comploté, comme la fille de Tyndare, d'odieux Muts. Cl jtemnestre a tué son époux , le compagnon de ses /soes années; mais elle sera, parmi les hommes, un sujet k chants plein d'horreur ; et la honte de sa renommée rejuBirasur toutes femmes, même sur la femme vertueuse*. » Te^-ce point là un assez clair témoignage? et le passage M flâène dit que la postérité prendra pour sujet de ses ebots les fautes que Paris et elle ont commises , poussés par on mauvais destin' ; et cet autre passage, où Télémaque ^e son approbation à la vengeance d'Oreste : « 0 Nestor, fils de Nélée, brillante gloire des Achéens , il a bien fait <ie ponir le meurtrier. Les Achéens répandront au loin sa {Ure, et. leurs chants la transmettront à la postérité'. » Qu'est-ce enfin que l'épithète un peu extraordinaire par la- {Belle Homère caractérise le navire des Argonautes, Argo à fin tous s'intéressent^^ sinon une allusion aux chants des aèdes sur la conquête de la toison d'or?

Je n'épuise pas ces considérations ; je laisse tout ce qui sortirait des limites du certain, ou au moins du probable. Il me loffil d'avoir montré que VIliade et VOdyssée avaient eu des antécédents , et comme d'humbles prototypes , dans les poétiqoes inspirations des aèdes. Ainsi, non-seulement les traditions religieuses avaient été fixées , quand Homère a paru non-seulemeni le mètre épique était inventé, et la langue asBooplie et façonnée par un long usage à tous les besoins de la muse : Tart épique existait , sinon l'épopée. Homère n'a pas fait comme Dieu : il n'a pas créé de rien; mais tout a'est transformé sous sa main puissante. A des éléments

K OirtMêe^ chant XXTV, fera 496 et loifanU. y nitU, êll*nl VI, ▼«" 357, 368.

y Odyssée chant III, ▼«» 202 et loi? anU. 4.72^., chant X II, ▼•« 70.

30 CHAPITRE II. — LA P0Ë8IÏ ORBOQra AYANT HOMÈRE. g|

caafiii, disparates, indobërenta , legs des anciens âges, il l*^^ imprimé l'ordre et l'unité ; il les a revêtus de la beauté, de 11 ^ ^ ▼ie et de la durée immortelles. Ne nous étonnons donc plus d| ^^ l'oubli profond où s'anéantirent, à son apparition , les aèdei ^^ et leurs œuvres. Lucrèce disait, en parlant d'Ëpicure : « Soi| [ ^ génie a éteint toutes les étoiles , comme le soleil quand il »êl lève et monte dans les airs ^ » Cette magnifique image , si ^ * 'fausse dans l'application qu'en fait le poète, eût pu adminn blement caractériser l'eJETet produit par Homère,

LUS liQAPSOBES*

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Les aèdes chantaient en s'accompagnent d'un inatrument ^i" à cordes. C'était une sorte de luth, d'une extrême simplicité. '^ Autant qu'on en peut juger par les descriptions d'Homère^ ^ eu plutôt par les traits rapides dont il le caractérise. Ce luth avait deux branches, dont la partie supérieure se couN bait en dehors et retombait en s'arrondissent. Le fond de résonnance, sur lequel reposaient les deux branches, était '^ une boite oblongue, de forme rectangulaire, qui permettait de placer l'instrument debout. Il y avait en haut un joug, ou traverse de bois, qui réunissait les deux branches, et, en bas, une autre traverse analogue. Les cordes étaient tendues au moyen de chevilles; mais les chevilles étaient toujours en haut, plantées dans le joug. Homère donne habituellement à ce luth le nom de cithare; mais ce qu'il dit de la

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