RHAPSODES
ptm ptouire que ces deiu iostrumçDtv difiMraient peu
fuie l'autre : la pliorminx, vu son nom, semble avoir
àtudibare plus portative. Homère confond môme leurs
Basiûnsi il dit d'ordinaire cUhari$er avec la phormiruSi
fifa me permet de transcrire ainsi son expression; et il
I À fil moins une fois, pharmiser avec la cithare.
I II n est nulle part question de la lyre dans les poemee
riimère. L'Hymne à Mercure^ oii on la trouve mentionnée
;fir la première fois, est postérieur à V Iliade et à Y Odyssée ^
J ff c*est à tort qu'on Tattribue au chantre d*UlysBe et d'A-
] aille. La lyre n'était autre chose d'ailleurs que la cithare
« la pborminx perfectionnée ; elle avait aussi deux bran-
to, mais moins recourbées que celles de Tinstrument pri-
aitif; et sa botte, au lieu d'être plate et rectangulaire, était
arrondie en forme de bouclier, et renflée dans son épaisseur
mune la carapace d'une tortue. Les mots qui en grec et en
litîii signifient tortue, sont même des synonymes poétiques
dt la lyre. Elle eut d'abord quatre cordes seulement; plus
tard Terpandre lui en donna sept : il est probable, par
I omsëquent, que le luth des aèdes était à peine un instru*
SRit tétracorde. Mais cet instrument, si simple qu'il fùt|
rifOùà^l k peu près aux besoins du chant, qui ne tut guère,
piidaut bien longtemps, qu'une récitation rhythmée, une
dM«nation plus ou moins musicale,
WtémîiêUmm Feéil(|««.
les aèdes charmaient les hommes et par leurs inventions poétiques, et par leur débit harmonieux, et par les accords k la phorminx et de la cithare. Souvent ils ne faisaient (l'improviseri par exemple dans les luttes entre aèdes ri-* ÎI8X, et ils abandonnaient aux vents les paroles volantes, lUis souvent aussi leurs chants étaient de véritables compMitieoSp longuement élaborées à l'avance, et qui ne péris*siiest pas avec l'instant de la récitation. L'aède reprodui- ^t vingt fois un sujet favori, ou devant des auditoires ^ms, ou devant le même auditoire, qui le redemandait. Cecbant était bientôt dans toutes lea mémoires; el neiv
32 CHAPITRE 111. lU
n*einpéchait qu'il ne se conservât, même delà sorte, pendant des siècles, et qu'il ne se transmit, plus ou moins intact, ^^ plus ou moins altéré, jusqu'à la postérité lointaine. La collection des chants enfantés par le génie des aèdes était^i^ comme un trésor grossissant de génération en génération; ^:^ et les applaudissements du public n'accueillaient pas avec .t:: moins de faveur une répétition intelligente de quelque mor- u^ ceau fameux des vieux maîtres, que la récitation d'un chant :^k^ fraîchement éclos de la minerve d'un aède du jour. Tima- il; gine que les auditeurs eux-mêmes, mal satisfaits de ce qu'on ^ leur donnait, ou seulement afin de varier leurs plaisirs, ne -r^, manquaient guère de forcer les aèdes, bon gré mal gré, \*^^ à faire large place, dans leurs chants, à la muse antique. «.
Les maîtres du chant s'étaient fait gloire, de tout temps, de former des disciples dignes d'eux. Mais, s'il leur était c^ i facile de transmettre à d'autres les secrets de la récitation ^ cadencée et de l'accompagnement musical, ou même les ^i^ règles de la versification et de la composition poétique, l'es- ^^^ prit d'invention n'était pas toujours l'apanage de ces héritiers ^ de leurs travaux. Beaucoup d'ailleurs trouvaient plus com- ^^ mode de fouiller dans leur mémoire que de solliciter pénible- >^ ment une imagination souvent rétive. Tout l'effort poétique de .^ ces aèdes dégénérés se bornait, peu s'en faut, à la composi- ^ tion de quelques courts proèmes, irpooifxia, c'est-à-dire pré- ^ ludes, sous forme d'hymnes religieux; et ces proèmes n'a- «^ vaient aucun rapport, la plupart du temps, avec le» chants :: qu'ils précédaient. Le plus grand nombre des hymnes attri- :-^ bues à Homère ne sont autre chose que des introductions de ce ;• ^ genre, qui servaient à toutes fins; plusieurs même se ter- ^^^ minent par une formule bien significative : « Je me souvien- % drai d'un autre chant. « Les récitateurs poétiques dont nous a. parlons, qui n'étaient plus des poètes, au moins pour l'ordi- ^ naire, on les nomma rhapsodes, et rhapsodie leur méthode de ,C débiter les vers.